Mobilisation estudiantine : la contestation s’étend jusqu’au lycée de Saraya

Saraya: les élèves du lycée décrètent 48 heures de grève renouvelables. -  Sunugox-Presse en ligne

La contestation universitaire prend une nouvelle dimension. À l’appel du Collectif des amicales et coordonnateurs de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (CA-UCAD), les élèves du lycée de Saraya ont massivement déserté les salles de classe ce mardi, observant ainsi le mot d’ordre de cessation totale des activités pédagogiques décrété pour 72 heures sur l’ensemble du territoire national.

Un mouvement de solidarité inédit

Dans cet établissement du département de Saraya, l’atmosphère était inhabituelle. Les cours ont été suspendus à l’initiative des élèves eux-mêmes, déterminés à afficher leur solidarité avec les étudiants engagés dans un bras de fer avec les autorités universitaires et étatiques.

« C’est pour soutenir nos frères étudiants. Il s’agit de 72 heures de grève », a déclaré Salimatou Soumaré, présidente du gouvernement scolaire du lycée. Selon elle, la mobilisation se veut pacifique, mais ferme, traduisant une prise de conscience des lycéens face aux enjeux qui secouent actuellement l’enseignement supérieur.

Par ce geste, les élèves de Saraya entendent s’inscrire dans une dynamique nationale où la convergence entre élèves et étudiants semble se renforcer.

Des revendications précises

Le mot d’ordre du CA-UCAD repose sur trois principales exigences :

  • La libération des représentants étudiants actuellement détenus ;
  • La clarification des circonstances entourant la mort de Abdoulaye Bâ ;
  • Le paiement intégral des rappels de bourses toujours en attente.

Ces revendications reflètent un malaise profond au sein de la communauté estudiantine, marqué par des tensions persistantes liées aux conditions d’études, à la gouvernance universitaire et au respect des droits des étudiants.

Une crise aux répercussions nationales

Prévue pour mardi, mercredi et jeudi, la grève de 72 heures connaît une forte adhésion dans plusieurs établissements à travers le pays. Des universités aux lycées, le mouvement prend progressivement une ampleur nationale, révélant l’interconnexion croissante des différentes composantes du système éducatif sénégalais.

À Saraya, les élèves se disent prêts à maintenir la pression « jusqu’à satisfaction des revendications ». Une posture qui illustre l’écho grandissant de la crise universitaire au-delà des amphithéâtres, et pose, une nouvelle fois, la question du dialogue entre les autorités et les acteurs du monde éducatif.

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