Mesures contre le « Simol » : Le ministre Bamba Cissé serre la vis, le rappeur Rifou crie à l’hypocrisie

Le monde de la lutte sénégalaise est dans le viseur des autorités. Face à la recrudescence des agressions groupées en marge des combats, le ministre de l’Intérieur, Bamba Cissé, a annoncé des sanctions sans précédent. Une décision qui a déclenché une vive réaction du rappeur Rifou, lequel pointe du doigt les zones d’ombre de la justice sénégalaise.

La « Tolérance Zéro » contre les agressions massives

C’est une mise en garde ferme que le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique a adressée aux acteurs de l’arène. Le phénomène du « simol », ces agressions massives perpétrées par des groupuscules de jeunes gravitant autour des écuries, ne sera plus toléré.

Désormais, la responsabilité des lutteurs eux-mêmes sera engagée.

  • La mesure : Des sanctions administratives et sportives seront prises contre les lutteurs si des actes de banditisme sont constatés dans leur camp ou parmi leurs supporters identifiés.
  • L’objectif : Garantir la sécurité du public et assainir l’image de la lutte nationale.

La contre-attaque cinglante de Rifou

Cette annonce n’a pas tardé à faire réagir. Le rappeur Rifou, connu pour ses prises de position tranchées, a publié une sortie virulente pour dénoncer ce qu’il qualifie d’injustice. Selon lui, l’État fait preuve d’une « célérité sélective » en s’attaquant aux lutteurs tout en laissant en suspens des dossiers beaucoup plus graves.

« Qui avait appelé au « mortal kombat » ? Qu’attendez-vous du dossier des 87 morts alors que vous savez bien le mis en cause ? », a fustigé l’artiste, faisant référence aux victimes des manifestations politiques passées.

Un débat sur les responsabilités de l’État

Pour Rifou, la décision ministérielle est une « farce ». Il soutient que la sécurité publique est une prérogative régalienne qui incombe exclusivement au gouvernement et non aux promoteurs de lutte qui, selon lui, investissent déjà dans des agents de sécurité privés.

L’artiste estime qu’avant de pointer du doigt le milieu sportif, le gouvernement doit d’abord assumer ses responsabilités historiques et rendre justice aux familles des jeunes disparus lors des crises politiques.

Ce bras de fer médiatique entre le ministère de l’Intérieur et une partie de l’opinion représentée par Rifou repose la question de la gestion de la violence urbaine : faut-il punir les vecteurs (les écuries de lutte) ou s’attaquer aux causes profondes de la frustration sociale ?

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