Le Sénégal voit grand, très grand. Quarante ans après avoir vibré au rythme de la CAN-1992, la terre de la Teranga s’apprête à entamer un marathon diplomatique et structurel pour ramener la grand-messe du football africain à la maison.

Le Sénégal voit grand, très grand. Quarante ans après avoir vibré au rythme de la CAN-1992, la terre de la Teranga s’apprête à entamer un marathon diplomatique et structurel pour ramener la grand-messe du football africain à la maison.

L’annonce officielle : Un rêve de quarante ans

C’est devant une Assemblée nationale attentive que la ministre de la Jeunesse et des Sports, Khady Diène Gaye, a lâché la bombe ce lundi : le Sénégal est officiellement candidat à l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2032.

L’enjeu est symbolique, mais aussi historique. Si le projet se concrétise, il marquerait le retour de la compétition sur le sol sénégalais exactement quatre décennies après l’édition de 1992. Pour un pays qui a enfin appris à gagner — avec les sacres de 2021 et plus récemment celui de 2026 — ne pas avoir accueilli le tournoi durant tout ce temps commençait à ressembler à une anomalie sportive.

« Le Sénégal est une terre de football, il est temps que le continent vienne célébrer notre passion chez nous », a laissé entendre l’entourage du ministère.

Le paradoxe des Lions : Géants sur le terrain, en chantier en dehors

Sur la pelouse, rien à dire. Avec deux étoiles sur le maillot, les Lions de la Teranga sont les patrons du continent. Pourtant, entre briller dans les stades des autres et offrir un écrin digne de ce nom aux 24 meilleures nations d’Afrique, il y a un fossé que le gouvernement s’active à combler.

Le joyau de la couronne, le stade Abdoulaye Wade de Diamniadio, a prouvé que le Sénégal était capable de construire des enceintes de classe mondiale. Mais une CAN ne se joue pas sur un seul terrain. Le défi est désormais de multiplier cet effort à l’échelle nationale.

Le redoutable « Cahier des charges » de la CAF

Ne devient pas hôte qui veut. La Confédération Africaine de Football (CAF) impose des critères de plus en plus draconiens, et le Sénégal va devoir sortir les pelleteuses. Pour valider son ticket, le pays doit garantir :

  • Deux enceintes majeures : Au moins 40 000 places (pour le match d’ouverture et la finale).
  • Deux stades intermédiaires : Minimum 20 000 places.
  • Deux stades de proximité : Minimum 15 000 places.

Au-delà du béton : La précision chirurgicale

Le défi ne s’arrête pas aux tribunes. La CAF exige des terrains d’entraînement en gazon naturel pour chaque site, un casse-tête logistique et climatique non négligeable. L’aspect médical est tout aussi crucial :

  • Présence permanente d’ambulances médicalisées.
  • Installations de pointe pour les arbitres.
  • Vestiaires répondant aux normes internationales (sanitaires, flux, confort).

Un sprint de six ans

Disons-le franchement : le chemin sera long. Si le stade de Diamniadio est une réussite, la mise à niveau des autres sites régionaux et la création de centres d’entraînement aux normes internationales demandent un investissement massif et, surtout, une exécution sans faille.

Le Sénégal a l’ambition, il a désormais les trophées pour légitimer sa demande, mais il lui reste à prouver qu’il peut transformer l’essai sur le terrain des infrastructures. Le rendez-vous est pris pour 2032. D’ici là, le pays va devoir passer du mode « supporter » au mode « bâtisseur ».

Le compte à rebours a commencé.

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