Guem Sa Bopp accuse le régime Diomaye–Sonko de “trahison de l’espérance populaire

Le Mouvement Guem Sa Bopp est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de grave dérive du régime en place. Dans une déclaration au ton particulièrement virulent, Bougane Guèye Dany et ses partisans estiment que la rupture promise au peuple s’est transformée en une gouvernance opaque, déconnectée des réalités sociales et économiques des Sénégalais.Le climat politique sénégalais se tend davantage. Le Mouvement Guem Sa Bopp accuse le régime dirigé par Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko d’avoir renié les engagements pris devant le peuple. Pour Bougane Guèye, la rupture tant annoncée s’est muée en « rupture avec les Goorgoorlou », laissés selon lui à eux-mêmes face à la cherté de la vie et à la précarité croissante.

« Ce pouvoir gouverne hors-sol, dans l’improvisation, l’opacité et la jouissance, pendant que le pays s’asphyxie », dénonce le mouvement. Guem Sa Bopp dresse un tableau sombre de la situation nationale : chômage persistant, jeunesse désabusée, étudiants en difficulté, hôpitaux en souffrance et monde rural marginalisé.

Sur le terrain de la gouvernance, le mouvement pointe du doigt une reddition des comptes jugée sélective. « La justice est tétanisée dès que le pouvoir est concerné », affirme Bougane Guèye, qui estime que la promesse fondatrice de transparence a été vidée de sa substance.

La question de la dette publique occupe également une place centrale dans la charge de Guem Sa Bopp. Selon le mouvement, l’endettement du pays connaît une hausse préoccupante, contractée dans des conditions opaques, mettant en péril les générations futures. « Les notations se dégradent, les partenaires doutent et la crédibilité du Sénégal s’effrite », alerte-t-il, dénonçant des chiffres dissimulés et des rapports institutionnels « confisqués ».

Face à cette situation, Guem Sa Bopp exige la publication immédiate et intégrale du bulletin statistique de la dette ainsi que des rapports de l’Inspection générale d’État (IGE), de l’OFNAC et de la Cour des comptes, sans filtrage ni sélection.

Le mouvement réclame également une reddition des comptes « réelle et équitable », sans protection politique ni immunité déguisée. Il appelle à ce que les ressources publiques soient orientées vers des secteurs jugés prioritaires, notamment la santé, l’emploi des jeunes, l’enseignement supérieur, l’agriculture et les bourses sociales et estudiantines.

Dans la même dynamique, Guem Sa Bopp interpelle plusieurs responsables étatiques, dont Ousmane Sonko, Waly Diouf Bodiang, Birame Soulèye Diop et Abass Fall, leur demandant d’effectuer et de publier leurs déclarations de patrimoine de manière « immédiate, intégrale et vérifiable ».

Le mouvement invite par ailleurs le Pool judiciaire financier à ouvrir sans délai des enquêtes sur les dossiers des « huit milliards de Bakel » et sur la gestion des ressources extractives, en s’appuyant sur les conclusions du rapport de l’ITIE. Il exige également la suppression des caisses noires et des fonds politiques.

Enfin, Guem Sa Bopp s’est montré très critique sur la gestion de la campagne arachidière, dénonçant des chiffres contradictoires avancés par les autorités, alors que, souligne-t-il, des enseignants contractuels attendent toujours le paiement de leurs salaires.

« Le Sénégal n’a pas besoin d’un pouvoir arrogant, mais d’un État responsable. Il n’a pas voté pour l’opacité, mais pour la vérité », conclut Bougane Guèye, assurant que son mouvement ne reculera pas et que « l’histoire jugera ».

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