Finances : Le marché des titres de l’UEMOA franchit la barre des 22 600 milliards FCFA d’encours

Marché des titres publics de l'Uemoa: Le Sénégal lève 196 milliards de FCfa  - Le Soleil

DAKAR — Le dynamisme du marché financier régional ne se dément pas. Au cours du seul mois de février 2026, les États membres de l’UEMOA ont réussi à mobiliser 1 321 milliards de FCFA. Cette activité intense porte l’encours global de la dette par adjudication à un niveau historique de 22 616,9 milliards de FCFA, témoignant de la dépendance croissante des budgets nationaux vis-à-vis de l’épargne régionale.

Par la Rédaction (Économie & Finance)

Le « Duopole » Côte d’Ivoire – Sénégal

Le marché reste largement dominé par les deux locomotives économiques de l’Union, qui captent à elles seules plus de la moitié des ressources disponibles.

  • Côte d’Ivoire (Leader) : Avec 7 122 milliards de FCFA, le pays représente 32% de l’encours total. C’est le premier émetteur de la zone, reflétant ses besoins de financement pour ses grands projets d’infrastructure.
  • Sénégal (Challenger) : Juste derrière, le Sénégal affiche un stock de 4 758,2 milliards de FCFA (21% de l’encours). L’État sénégalais privilégie de plus en plus ce marché local pour éviter les risques de change liés à l’endettement extérieur.

À eux deux, Abidjan et Dakar totalisent 11 880,6 milliards de FCFA de dettes, soit 53% du stock global du marché des titres publics.

État des lieux des autres pays de l’Union

Bien que moins endettés sur ce segment spécifique que le duo de tête, les autres pays maintiennent une présence active pour couvrir leurs déficits budgétaires :

  • Burkina Faso : 2 892,6 milliards FCFA
  • Mali : 2 538 milliards FCFA
  • Niger : 1 994,5 milliards FCFA
  • Togo : 1 623,7 milliards FCFA
  • Bénin : 1 154,9 milliards FCFA
  • Guinée-Bissau : 532,6 milliards FCFA

Le défi du service de la dette : 2 390 milliards déjà déboursés

Si les États s’endettent, ils honorent également leurs signatures. La pression sur les trésoreries nationales est réelle en ce début d’année 2026 :

  • Remboursements massifs : En seulement deux mois (janvier et février), les pays de l’Union ont décaissé 2 390,8 milliards de FCFA pour le service de la dette (principal et intérêts).
  • Rythme mensuel : Après un pic de 1 238,1 milliards en janvier, l’effort s’est maintenu à 1 152,7 milliards en février.

La forte activité du mois de février confirme que le marché des titres publics de l’UEMOA reste le poumon financier des États de la zone. Cependant, la concentration de la dette sur deux pays (Côte d’Ivoire et Sénégal) et l’importance des sommes mobilisées pour le remboursement (plus de 1 100 milliards par mois) soulignent la nécessité d’une gestion prudente pour éviter tout risque de surendettement à moyen terme.

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