Électrification rurale : Samba Faye interpelle le pouvoir sur la gestion du marché TO 296-24

Électrification rurale : Samba Faye interpelle le pouvoir sur la gestion du marché TO 296-24

Le dossier du marché n° TO 296-24, portant sur l’électrification de près de 1 600 villages sénégalais, prend une nouvelle dimension sur le terrain politique et judiciaire. Dans une tribune, Samba Faye, porte-parole de la République des Valeurs (RV), met en cause la gestion financière du projet et appelle les autorités à apporter des réponses sur l’utilisation des fonds engagés.

Selon lui, l’analyse des mouvements enregistrés sur le compte bancaire dédié au projet révèle un écart majeur entre les sommes mobilisées et les réalisations constatées sur le terrain. D’après les chiffres cités dans sa tribune, le compte, qui affichait un solde initial de 671 000 francs CFA le 10 juin 2024, aurait reçu dès le lendemain une avance de démarrage de 55,99 millions d’euros, soit environ 36,73 milliards de francs CFA.

Samba Faye affirme qu’à la fin du mois de février 2026, le solde du compte n’était plus que de 1 346,41 euros. Il indique que près de 31,97 millions d’euros auraient été transférés vers huit pays étrangers à travers plusieurs opérations identifiées par messages Swift.

Pour le responsable politique, cette évolution financière doit être confrontée aux résultats opérationnels du projet. Il souligne que l’électricité n’aurait été installée que dans une quarantaine de localités, alors que le contrat prévoyait l’équipement d’environ 1 600 villages. Il estime que cet écart soulève des interrogations sur les mécanismes de contrôle et la responsabilité des différents acteurs impliqués.

Des alertes administratives avant le décaissement

Dans sa tribune, Samba Faye revient sur une série d’alertes qui auraient précédé les décaissements. Il cite notamment une correspondance de l’ancien directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), Baba Diallo, datée du 13 mai 2024, demandant la suspension du paiement.

Malgré cette demande, l’avance aurait été versée le 11 juin 2024. Pour le porte-parole de la RV, cette chronologie pose la question de la prise en compte des procédures d’alerte internes.

Le dossier aurait ensuite été signalé par l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP). Selon Samba Faye, son ancien directeur Saer Niang aurait pris une mesure de suspension en octobre 2024 avant d’être démis de ses fonctions le même jour. Il s’interroge sur la coïncidence entre ces événements.

La question des primes d’assurance au cœur des critiques

Autre point soulevé : l’utilisation d’une partie de l’avance de démarrage pour le paiement de primes d’assurance. Samba Faye évoque un montant d’environ 7,7 millions d’euros réparti en plusieurs opérations au profit de la SONAC.

Il estime que ces paiements posent un problème juridique et financier, dans la mesure où ces assurances étaient censées sécuriser des fonds qui, selon lui, avaient déjà quitté le compte du projet.

Une note interne attribuée au ministre Birame Souleye Diop et adressée au Premier ministre Ousmane Sonko aurait également relevé que l’avance aurait principalement servi au règlement de primes d’assurance.

Un bras de fer autour du financement international

Le financement du projet impliquait également des acteurs étrangers, notamment Banco Santander et l’organisme espagnol CESCE, qui garantissait l’opération. Selon Samba Faye, la suspension des décaissements par la banque espagnole aurait traduit une volonté de sécuriser les fonds.

Il critique toutefois la position qu’il attribue à l’État sénégalais, estimant que les autorités auraient défendu les intérêts de l’entreprise espagnole AEE Power EPC plutôt que ceux du bailleur financier.

Pour lui, cette situation serait en contradiction avec le discours de souveraineté porté par la nouvelle majorité.

Un test politique pour la promesse de rupture

Au-delà du volet financier, Samba Faye considère cette affaire comme un test majeur pour le pouvoir en place. L’électrification rurale, estime-t-il, représente un enjeu concret de développement, touchant directement l’éducation, la santé et l’économie locale.

Il appelle l’État à faire toute la lumière sur les responsabilités, à engager les procédures nécessaires et à expliquer publiquement les décisions prises dans ce dossier.

À défaut, il considère que la promesse de rupture et de transparence revendiquée par la nouvelle majorité pourrait être remise en question.

Le dossier, qui ferait désormais l’objet de procédures judiciaires au Sénégal et en Espagne, reste au centre des débats sur la gestion des grands projets publics et la responsabilité des acteurs institutionnels.

J’ai volontairement retiré les formulations les plus militantes (« imposture », « populisme », etc.) et transformé les accusations en déclarations attribuées, ce qui correspond davantage aux standards d’un article de presse.

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