Crise sociale à l’ANAMO : Quatre assistantes dénoncent une mise au chômage technique « arbitraire »

L’Agence nationale de la Maison de l’Outil (ANAMO) traverse une zone de fortes turbulences. Quatre assistantes, piliers de l’institution pour certaines depuis plus de dix ans, dénoncent une procédure de licenciement déguisée. Ce 9 janvier 2026, la tension est montée d’un cran lorsque l’accès aux locaux leur a été formellement interdit.
Un blocage brutal et inattendu
C’est devant les portes closes de leurs bureaux que quatre employées de l’ANAMO, affectées à des directions stratégiques (Planification, Contrôle de gestion, Direction financière), ont constaté l’exécution d’une décision qu’elles jugent illégale. Parmi elles se trouve la déléguée du personnel, dont le statut de salariée protégée rend la procédure encore plus sensible juridiquement.
Les plaignantes s’étonnent de la précipitation de cette mesure, actée alors que le Directeur général est officiellement indisponible jusqu’à la mi-janvier.
Chronologie d’un conflit larvé
Selon les témoignages recueillis, notamment celui de Madame Salmane Diallo (assistante du directeur de la planification), le malaise a débuté le 24 décembre dernier. Un conseiller technique aurait tenté d’imposer la signature d’un « protocole d’accord » sous la menace d’une mise au chômage immédiate, invoquant une directive du Conseil de surveillance pour réduire la masse salariale.
Ayant refusé de signer ce document sans garanties, les employées ont reçu, ce 9 janvier, une notification par voie d’huissier officialisant leur mise en chômage technique sans salaire. Un paradoxe administratif est soulevé : l’objet du document mentionnait un « redéploiement interne » tandis que le corps du texte actait l’arrêt de leur activité.
Des « raisons économiques » contestées
La direction de l’agence justifie ces départs par des difficultés financières. Un argument balayé d’un revers de main par les assistantes qui pointent une gestion contradictoire :
- Les salaires sont versés régulièrement à la fin de chaque mois.
- Les avantages sociaux ont récemment été revus à la hausse.
- Des recrutements de stagiaires sont toujours en cours au sein de l’agence.
Appel à l’arbitrage du Chef de l’État
Face à ce qu’elles qualifient de « gestion arbitraire », les quatre employées ne comptent pas se laisser faire. Elles ont saisi le ministre de la Formation professionnelle ainsi que le Premier ministre. Désormais, elles placent leurs derniers espoirs entre les mains du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, l’appelant à intervenir pour restaurer leurs droits et mettre fin à ce qu’elles considèrent comme une injustice sociale flagrante.

