Mbour : Un ex-agent de Sonatel poursuivi pour escroquerie après un faux contrôle Orange Money
Mbour – Déjà connu de la justice pour plusieurs affaires d’escroquerie, El H. A. Diop, ancien agent de la Sonatel, a de nouveau comparu devant le Tribunal de grande instance de Mbour pour des faits de fraude portant sur un transfert frauduleux d’argent via Orange Money.
Selon les informations rapportées par L’Observateur, le prévenu, licencié de la Sonatel en 2024, aurait mis en place un stratagème visant des gérants de multiservices entre Dakar et la Petite-Côte. Se présentant comme un agent de l’opérateur de téléphonie, il profitait de la confiance de ses victimes pour accéder à leurs téléphones et effectuer des transactions frauduleuses.
Un faux agent en mission
Les faits se sont déroulés à la veille de la Tabaski au quai de pêche de Mbour. Vêtu d’un gilet et muni d’un badge aux couleurs de l’entreprise, El H. A. Diop s’est présenté auprès d’un gérant de multiservices réputé, identifié sous les initiales I. Diouf.
Prétextant l’installation d’une nouvelle application destinée à améliorer les opérations commerciales, il a obtenu l’accès au téléphone du commerçant. Profitant de cette occasion, il aurait effectué discrètement un transfert de 114 500 FCFA vers son propre compte avant de quitter les lieux.
La fraude a rapidement été découverte. Alertés, les commerçants du marché se sont lancés à sa poursuite avant de l’interpeller et de le remettre aux forces de sécurité.
Une vengeance contre son ancien employeur
À la barre, le prévenu a reconnu les faits sans détour. Il a expliqué son geste par les difficultés financières auxquelles il fait face depuis son licenciement.
« Je suis au chômage depuis 2024 et je n’ai aucune source de revenus. J’ai une famille à entretenir, surtout en cette période de Tabaski. Orange est à l’origine de tous mes malheurs. Cette société me doit de l’argent qu’elle refuse de me verser », a-t-il déclaré devant le tribunal.
Selon ses propres aveux, cibler les comptes Orange Money des commerçants constituait une manière de se venger de son ancien employeur.
Le parquet réclame une peine exemplaire
Le ministère public n’a toutefois accordé aucun crédit à cette justification. Le procureur a rappelé le passé judiciaire chargé du prévenu, récemment sorti de prison après avoir purgé une peine de six mois ferme à Thiès pour des faits similaires.
Estimant que le mis en cause présente un profil de récidiviste, le parquet a requis un an d’emprisonnement ferme ainsi qu’une amende de 200 000 FCFA.
De son côté, la partie civile réclame le remboursement intégral de la somme détournée, soit 114 500 FCFA.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 9 juin prochain.

