La Justice ne se rend pas sur les réseaux sociaux

La Justice ne se rend pas sur les réseaux sociaux

J’avais fait l’objet d’une plainte pour propos diffamatoires déposée par le Directeur de cabinet du Président de la République à la suite de déclarations tenues dans une émission de télévision.

Une première convocation m’avait été adressée. Je n’avais malheureusement pas pu y répondre en raison du décès de ma sœur. Cette situation avait alors donné lieu à de nombreux commentaires, interprétations et spéculations dans la presse et sur les réseaux sociaux. Je n’avais pourtant jugé utile ni de polémiquer ni de me justifier publiquement.

En parfaite coordination avec les enquêteurs, il avait été convenu de reporter mon audition après la Tabaski. Fidèle à cet engagement, je les ai contactés après la fête et un rendez-vous a été fixé au Commissariat central de Dakar.

J’y ai répondu comme tout citoyen respectueux des lois de son pays.

Je m’y suis rendu seul, sans avocat, sans prévenir un membre de ma famille, sans informer un ami, un journaliste, mon groupe de presse ou même mon chauffeur qui m’avait simplement déposé. Je suis resté sur place plusieurs heures pour apporter ma part de vérité aux enquêteurs et répondre à toutes les questions qui m’ont été posées.

Je n’ai pas ressenti le besoin de transformer cet acte citoyen en événement médiatique.

Je demeure convaincu que dans une République, les enquêtes sont menées par les enquêteurs, les poursuites par le Procureur et les décisions par les juges. Ni la presse ni les réseaux sociaux ne peuvent se substituer à ces institutions. Leur rôle est d’informer, non de juger.

C’est pourquoi j’ai choisi la discrétion, le respect de la procédure et la confiance dans les institutions de notre pays.

Cette posture n’engage que moi, mais elle correspond à l’idée que je me fais de la citoyenneté et de la responsabilité républicaine. Lorsque la justice ou les services d’enquête vous convoquent, le devoir d’un citoyen est de répondre, d’exposer sa vérité et de laisser les institutions accomplir sereinement leur mission.

Nous gagnerions tous à davantage de retenue, à moins de folklore, moins de publicité et moins de tentatives de manipulation de l’opinion. Les dossiers judiciaires ne se règlent ni sur Facebook, ni sur les plateaux de télévision, ni dans le tumulte des réseaux sociaux. Ils se traitent dans le respect des procédures et des lois de la République.

J’ai choisi de me présenter devant les enquêteurs plutôt que devant les caméras. Car dans une République, la vérité se cherche dans les procédures, pas dans le vacarme. La force d’un citoyen ne se mesure pas à sa capacité à mobiliser les réseaux sociaux, mais à sa capacité à répondre sereinement à la Justice et à faire confiance aux institutions de son pays.

C’est cela, à mes yeux, être républicain.

Ministre Thierno Lo
Un Républicain Engagé

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