APRÈS LA CRISE, LE TEMPS DU RASSEMBLEMENT ET DE L’OUVERTURE

APRÈS LA CRISE, LE TEMPS DU RASSEMBLEMENT ET DE L’OUVERTURE

Monsieur le Président,

Chaque crise contient une leçon. Chaque rupture offre l’opportunité d’un nouveau départ.

La séquence politique que traverse notre pays peut devenir un tournant positif si elle vous permet d’affirmer pleinement ce que les Sénégalais attendent de vous : être le Président de tous les Sénégalais.

Le gouvernement que vous venez de mettre en place compte des femmes et des hommes compétents, des cadres expérimentés, des serviteurs de l’État qui connaissent les réalités administratives et les défis du développement. C’est un acquis qu’il faut saluer.

Mais la réussite de cette équipe dépendra moins de sa composition que de sa capacité à mobiliser autour d’elle toutes les compétences dont le Sénégal dispose.

Notre premier défi aujourd’hui n’est ni politique ni partisan.

Notre premier défi est économique.

Notre premier défi est financier.

Notre premier défi est diplomatique.

Le Sénégal doit retrouver rapidement la confiance des partenaires financiers internationaux, des investisseurs, des institutions multilatérales et des marchés.

Pour cela, il faut donner à votre ministre des Finances, Cheikh Diba, toute la latitude nécessaire pour agir, dialoguer, convaincre et reconstruire les passerelles indispensables avec les bailleurs de fonds, notamment le FMI et les partenaires techniques et financiers.

Tous les présidents qui vous ont précédé ont compris une chose : lorsqu’un pays traverse une zone de turbulence économique, il faut laisser travailler les techniciens et les professionnels qui maîtrisent ces dossiers.

Notre pays compte des économistes, des financiers et des experts de haut niveau qui rayonnent dans la sous-région et dans les grandes institutions internationales. Beaucoup ne demandent ni poste, ni privilège, ni récompense. Ils souhaitent simplement contribuer au redressement du Sénégal.

Ils doivent être écoutés.

Ils doivent être associés.

Ils doivent être mobilisés.

La même démarche doit être appliquée à la diplomatie.

Le Sénégal ne peut prospérer dans l’isolement.

Le monde évolue à une vitesse exceptionnelle et notre pays a besoin de partenaires, d’alliés, d’investisseurs et d’amis.

La nomination de Cheikh Niang est un signal fort. C’est un diplomate expérimenté qui connaît les grands acteurs internationaux et qui bénéficie d’une crédibilité reconnue.

Mais pour réussir sa mission, il doit pouvoir s’appuyer sur l’ensemble du capital diplomatique sénégalais.

Notre pays a produit de grands diplomates, de grands ambassadeurs et de grands ministres des Affaires étrangères qui ont construit pendant des décennies le prestige international du Sénégal.

Ils connaissent les capitales.

Ils connaissent les dirigeants.

Ils connaissent les réseaux d’influence.

Ils connaissent les partenaires que nous sollicitons aujourd’hui.

Ils constituent une richesse nationale qu’aucune nation sérieuse ne peut se permettre d’ignorer.

Monsieur le Président, libérez votre diplomatie.

Libérez votre ministère des Finances.

Permettez à ces deux secteurs stratégiques de travailler avec tous ceux qui peuvent aider le Sénégal à retrouver son leadership, sa crédibilité financière et son attractivité économique.

Le patriotisme n’appartient à aucun parti.

Il appartient à tous ceux qui acceptent de servir leur pays sans chercher à être servis.

Cette ouverture doit également concerner le secteur économique.

Il ne faut plus considérer comme des adversaires ceux qui ont travaillé avec les régimes précédents ou entretenu des relations avec votre prédécesseur.

Ils n’étaient pas nécessairement au service d’un homme.

Ils étaient souvent au service d’une fonction, d’un projet, d’une administration ou d’une entreprise.

Les grands entrepreneurs, les industriels, les investisseurs, les promoteurs, les professionnels du BTP, de l’énergie, des transports ou des télécommunications doivent être regardés comme des partenaires du développement.

Le Sénégal a besoin de leurs investissements.

Le Sénégal a besoin de leurs emplois.

Le Sénégal a besoin des impôts qu’ils génèrent.

Le Sénégal a besoin de leur expérience.

Le développement ne se construit pas dans l’exclusion mais dans la confiance.

Je me permettrai également une suggestion au ministre de l’Industrie.

Monsieur Serigne Guèye Diop, partagez un café avec ceux qui ont déjà ouvert des marchés, négocié des partenariats et accompagné des stratégies industrielles dans les pays que nous ciblons aujourd’hui.

Notre pays dispose de compétences reconnues, à l’image de Cherif Salif Sy et de nombreux autres cadres qui connaissent parfaitement les circuits économiques internationaux, les investisseurs et les opportunités industrielles dont le Sénégal a besoin pour accélérer la transformation locale de ses ressources.

Le temps n’est plus aux querelles.

Le temps est à la mobilisation de toutes les intelligences.

Monsieur le Président, respectez pleinement votre serment républicain.

Ne partagez vos prérogatives avec personne.

Mais utilisez toutes les compétences qui souhaitent servir la Nation.

Le Sénégal est trop grand pour se priver de ses meilleurs talents.

L’histoire retiendra moins les querelles politiques que la capacité d’un homme d’État à rassembler son peuple autour du développement, de l’emploi, de la prospérité et de l’intérêt national.

Humblement,

Thierno Lo

Républicain engagé

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