Affaire Keur Yeurmandé : Ndella Madior Diouf jugée devant la chambre criminelle de Dakar
Après plusieurs renvois, Ndella Madior Diouf a comparu ce mardi devant la chambre criminelle de Dakar dans le dossier très médiatisé de la pouponnière Keur Yeurmandé.
Elle était jugée aux côtés de deux coaccusés, tandis que d’autres personnes placées sous contrôle judiciaire n’ont pas comparu à l’audience.
De lourdes accusations
Ndella Madior Diouf est poursuivie notamment pour :
- exercice illégal de la médecine ;
- homicide involontaire ;
- non-assistance à personne en danger ;
- mise en danger de la vie d’autrui ;
- non-déclaration de naissance ;
- autres infractions liées à la gestion de la structure.
Ses coaccusés sont poursuivis pour complicité sur certains faits.
Une défense offensive
À la barre, la prévenue a rejeté les accusations, affirmant avoir voulu venir en aide à des femmes en détresse et à des nourrissons abandonnés.
Elle a expliqué que la structure accueillait de nombreux bébés confiés par leurs mères dans des situations sociales difficiles.
Selon elle, son action relevait d’une mission humanitaire et non d’une activité criminelle.
Sabotage et infiltration dénoncés
Ndella Madior Diouf a également soutenu avoir été victime d’un complot et d’un sabotage orchestrés contre sa structure.
Elle a contesté plusieurs rapports médicaux versés au dossier et nié toute négligence volontaire dans la prise en charge des enfants.
Le parquet démonte cette version
Le ministère public a estimé que la défense présentée ne pouvait justifier des actes contraires à la loi.
Le procureur a rappelé que la gestion d’enfants vulnérables exige :
- autorisations légales ;
- encadrement médical conforme ;
- obligations de sécurité ;
- respect strict des procédures.
Réquisitions du parquet
Le parquet a requis :
- l’acquittement sur certains chefs faute d’éléments suffisants ;
- 5 ans de prison ferme et 1 million FCFA d’amende pour plusieurs autres infractions retenues ;
- 3 mois ferme pour certains coaccusés.
Une affaire qui a marqué l’opinion
Le dossier Keur Yeurmandé a profondément choqué l’opinion publique sénégalaise en raison de la vulnérabilité des nourrissons concernés.
Il a relancé le débat sur :
- le contrôle des structures d’accueil ;
- la protection de l’enfance ;
- la responsabilité des autorités ;
- l’encadrement sanitaire.
Verdict attendu
La décision de justice est désormais très attendue dans une affaire emblématique mêlant drame humain, responsabilité pénale et protection des enfants.

