Affaire des prêts usuriers en ligne : dans les coulisses d’un réseau mafieux international

Une vaste affaire de prêts usuriers opérant via des applications mobiles secoue actuellement le Sénégal et la sous-région. Derrière ces plateformes se cacherait un réseau structuré à dimension internationale, impliquant notamment des ressortissants chinois.
Selon le journal Libération, la société Level Technology serait au cœur du dispositif. Sa directrice, la Togolaise Kokoe Blessing Maurielle Amavi (30 ans), a reconnu avoir servi de prête-nom.
Un réseau piloté à distance
D’après l’enquête, deux individus de nationalité chinoise, identifiés sous les pseudonymes « Jerry » et « Jason », dirigeaient les opérations à distance. Ils auraient orchestré :
• la création de la société
• le déploiement des applications
• et des recrutements massifs dans plusieurs pays
Parmi les recrues figure un Camerounais, présenté comme coordinateur des agents de recouvrement chargés de harceler les clients.
Un partenariat jugé suspect liait également ce réseau à Massa Diouf, administrateur de Digital Smart, lui aussi interpellé par la Division spéciale de cybersécurité (DSC).
Des applications au cœur de l’arnaque
L’enquête s’étend à plusieurs applications de prêt en ligne, dont :
• Crédit Levier
• Prêt Dara
• TargetCredit
• GetLoan
• CheerCredit
• InsCash
• HiCash
Une autre application, TerangaLoan, aurait également été contrôlée par le réseau, avec l’utilisation frauduleuse d’une interface technique (API) appartenant à un tiers, qui a déposé plainte.
Des pratiques abusives et violentes
Les victimes, attirées par de fausses offres de prêts rapides, se retrouvaient piégées dans un système abusif :
• taux d’intérêt pouvant atteindre 215 % en seulement quatre semaines
• accès aux contacts téléphoniques
• appels malveillants et messages de menaces
• harcèlement en cas de retard de paiement
Certaines personnes ont vécu un véritable cauchemar, subissant pressions psychologiques et atteintes à leur vie privée.
Une enquête qui s’élargit
L’enquête se poursuit avec l’implication de la CENTIF, spécialisée dans la lutte contre le blanchiment d’argent.
Les autorités cherchent désormais à :
• identifier toutes les ramifications du réseau
• retracer les flux financiers
• et déterminer les complicités locales et internationales
Un phénomène en expansion
Cette affaire met en lumière les dangers des applications de prêt en ligne non régulées, qui prolifèrent en Afrique en exploitant la vulnérabilité financière des utilisateurs.

