Réforme du Code électoral : un débat relancé sur fond de divergences politiques

La question de la réforme du Code électoral sénégalais refait surface dans le débat public, portée notamment par des voix expertes qui appellent à une révision en profondeur de certaines dispositions jugées restrictives.
L’expert électoral Ndiaga Sylla s’est une nouvelle fois prononcé en faveur de l’abrogation des articles L.29 et L.30 du Code électoral. Ces dispositions instaurent, selon lui, une déchéance électorale « générale, automatique et indifférenciée », qui mériterait d’être réexaminée dans une perspective de consolidation démocratique.
Au-delà de ces deux articles, l’expert évoque également la nécessité d’une éventuelle révision de l’article L.28, afin d’assurer une meilleure cohérence juridique et une plus grande équité dans le système électoral.
Cependant, Ndiaga Sylla insiste sur un point fondamental : toute modification du Code électoral devrait s’inscrire dans une réforme globale et structurée du système électoral sénégalais. Il estime que cette initiative devrait être portée par le gouvernement, garant de la cohérence institutionnelle, même si la question a déjà été discutée dans le cadre du dialogue national initié par les autorités.
Mais le consensus semble encore loin. Lors des concertations précédentes, cette proposition de réforme n’avait pas abouti, en raison notamment du refus du camp de la majorité présidentielle, dominé par le parti PASTEF, qui avait alors défendu le maintien du statu quo.
Ce blocage illustre les tensions persistantes autour des règles du jeu électoral, dans un contexte où les enjeux politiques restent particulièrement sensibles. La réforme du Code électoral apparaît ainsi comme un chantier délicat, nécessitant dialogue, compromis et volonté politique pour aboutir à un consensus durable.

