Dette publique : le Forum civil exige plus de transparence sur les emprunts de l’État

Dans un entretien accordé au quotidien L’Observateur, Matar Sall, coordonnateur du Forum civil, appelle les autorités sénégalaises à renforcer la transparence dans la gestion de la dette publique, notamment en ce qui concerne les emprunts contractés en 2025.
S’il reconnaît que l’État est souverain et dispose de la capacité de renégocier ses engagements, il insiste toutefois sur la nécessité de respecter les principes de redevabilité. « Les populations ont le droit de savoir, elles ont le droit à l’information », a-t-il déclaré, rappelant les exigences constitutionnelles en matière de gestion des ressources, en particulier dans les secteurs stratégiques.
Des zones d’ombre autour des montants annoncés
L’inquiétude du Forum civil se concentre sur un emprunt initialement évalué à 650 millions d’euros (environ 426 milliards de FCFA), mobilisé auprès de Africa Finance Corporation et de First Abu Dhabi Bank.
Cependant, des incohérences subsistent. Selon Matar Sall, les chiffres avancés par les autorités diffèrent des données relayées à l’international. « Le ministre des Finances nous a parlé de 721 milliards de FCFA, soit un montant supérieur à celui annoncé par le Financial Times », a-t-il relevé.
À cela s’ajoute la mention d’un « troisième acteur » dont l’identité n’a pas été précisée, ce qui renforce les interrogations du Forum civil.
Une exigence de publication des conventions
Pour l’organisation, l’autorisation parlementaire ne saurait suffire à garantir la transparence. L’Assemblée nationale ne disposerait pas, à ce stade, de toutes les informations sur les conditions réelles de ces emprunts.
« Seule la publication des conventions permettra de savoir sur quoi le Sénégal est engagé », a martelé Matar Sall, soulignant que la gestion de ces mécanismes relève de la responsabilité de l’Exécutif.
Des risques financiers à anticiper
Le Forum civil met en garde contre les risques potentiels liés à un manque de clarté. À titre d’exemple, Matar Sall évoque l’affaire Adama Bictogo, dont la résiliation contractuelle avait entraîné des coûts importants pour les finances publiques.
Dans ce contexte, l’organisation appelle à la publication intégrale des documents relatifs aux emprunts de 2025. L’objectif : permettre aux citoyens de connaître « les conditions, les garanties, les risques et les dangers » liés à cet endettement.

