CAN 2025 : La thèse marocaine de la « Tétanie de l’Arbitre » pour justifier le tapis vert

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OUEZZANE / CASABLANCA — Selon le juriste marocain Reda Belhoucine, la victoire du Sénégal sur le terrain (1-0) serait le fruit d’un « chantage psychologique » exercé sur l’arbitre Jean-Jacques Ndala. Dans une analyse qui fait grand bruit, il affirme que le but de Pape Guèye aurait dû être annulé pour une faute de Chérif Ndiaye, ignorée par un arbitre « paralysé » par la peur d’un arrêt définitif du match.

Le concept d’« Intimidation Environnementale »

Pour Reda Belhoucine, le retrait temporaire des joueurs sénégalais pour protester contre l’arbitrage n’était pas qu’un incident de jeu, mais une arme psychologique redoutable. L’arbitre, craignant que les Sénégalais ne quittent définitivement la pelouse et ne gâchent la finale, aurait perdu sa neutralité.

Selon le magistrat, la priorité de l’arbitre Ndala est passée de l’application des lois du jeu à la « sauvegarde absolue de l’événement », le rendant incapable de siffler contre le Sénégal.

Le but de Pape Guèye sous le scalpel de la Loi 12

Le juriste marocain pousse l’analyse technique jusqu’à contester la validité du but vainqueur inscrit par le milieu sénégalais.

Belhoucine affirme que Chérif Ndiaye (numéro 12) a bousculé délibérément le défenseur Jawad El Yamiq pour libérer la trajectoire de tir de Pape Guèye.

Il invoque la Loi 12 de l’IFAB (fautes et incorrections) et le principe juridique selon lequel « nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ». En clair : le Sénégal aurait profité d’une irrégularité qu’il a lui-même créée par la pression.

Une rhétorique qui divise

Cette argumentation, bien que saluée par une partie de l’opinion marocaine comme une lecture rigoureuse du droit, est perçue côté sénégalais comme une tentative désespérée de légitimer une décision de la CAF jugée politique.

De nombreux observateurs notent que le VAR, censé corriger les erreurs manifestes (comme une bousculade sur un but), n’est pas intervenu lors de l’action, confirmant ainsi la validité du but aux yeux des officiels de match. En droit du sport, l’appréciation de l’arbitre sur une faute est souveraine. L’idée qu’un juge puisse annuler un résultat parce qu’un arbitre était « psychologiquement vulnérable » est une première mondiale qui risque d’être difficile à défendre devant le TAS.

La sortie de Reda Belhoucine montre que la bataille ne se joue plus seulement sur le terrain, mais sur celui de la sémantique juridique. En introduisant la notion de « tétanie arbitrale », la partie marocaine tente de déplacer le débat du simple règlement de la CAF (Chapitre 35 sur les retraits) vers une remise en question globale de l’équité de la finale. Le TAS devra trancher : le Sénégal a-t-il gagné par le talent ou par l’intimidation ?

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