Jeux en ligne : les opérateurs contestent la fiscalité et répondent à la LONASE

Face à la presse ce mardi 17 mars, le Collectif des sociétés de jeux et de paris en ligne agréées a vivement réagi aux déclarations du directeur général de la Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE), Toussaint Manga, tenues le 12 mars à la Primature.
Un partage des revenus contesté
Le patron de la LONASE avait affirmé que l’institution ne percevait que 15 à 18 % des revenus générés par les opérateurs, avant la renégociation des contrats. Une version fermement rejetée par le collectif.
Son porte-parole, Seydi Barham Thiam, représentant de 1Xbet, dénonce une présentation « inexacte » de la réalité économique du secteur.
« À aucun moment, les opérateurs n’ont conservé 85 % de leurs revenus pour eux-mêmes », a-t-il insisté.
Une pression fiscale jugée « insoutenable »
Les opérateurs pointent du doigt une hausse qu’ils qualifient d’unilatérale et illégale de la redevance versée à la LONASE, désormais fixée à 30 %, contre 15 à 17 % initialement prévus dans les contrats.
À cela s’ajoute une nouvelle taxe de 20 % sur les revenus, portant, selon eux, la pression fiscale globale à 128 % des revenus.
« Une situation tout simplement invivable pour une entreprise », alertent-ils, estimant que ce niveau de prélèvement dépasse toute logique économique.
Risques pour l’économie et l’emploi
Le collectif met en garde contre des conséquences majeures :
- disparition progressive des opérateurs légaux,
- pertes d’emplois directs et indirects,
- baisse des recettes fiscales pour l’État.
Les acteurs du secteur redoutent également une montée de l’informel, avec l’émergence d’opérateurs clandestins échappant à tout contrôle.
« Lorsque les opérateurs légaux disparaissent, le marché est livré aux acteurs clandestins, un véritable cancer pour l’État », préviennent-ils.
Plaidoyer pour une fiscalité adaptée
Présent lors de la rencontre, le fiscaliste Mamadou Badiane a appelé à repenser la politique fiscale appliquée au secteur.
« Une fiscalité doit être intelligente et non répressive », a-t-il déclaré, soulignant que l’industrie des jeux en ligne contribue significativement aux recettes publiques.
Un appel au dialogue
Malgré les tensions, les opérateurs disent privilégier la concertation avec les autorités.
« Nous appelons à l’ouverture d’un cadre de dialogue constructif. Nous ne recherchons pas de privilèges, mais un cadre économique viable, clair et soutenable », a conclu Seydi Barham Thiam.
Selon le collectif, plusieurs démarches ont déjà été entreprises en ce sens, sans avancées concrètes pour l’instant.

