Escroquerie présumée de 250 millions FCFA : l’affaire Pape Djiby Ka en délibéré à la Cour d’appel de Dakar

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La Cour d’appel de Dakar a examiné, ce mardi, le dossier du commerçant Pape Djiby Ka, domicilié à Sicap Foire, condamné en première instance à quatre ans de prison ferme pour escroquerie portant sur un montant de 250 millions de francs CFA au préjudice de Bara Lo. L’affaire remonte à une transaction commerciale de sucre et de riz en 2024.

Une transaction jamais concrétisée

Selon la partie civile, les faits portent sur une opération de vente de près de 4 000 tonnes de sucre et de riz. Bara Lo, commerçant basé à Touba, affirme avoir été mis en relation avec le prévenu par un substitut du procureur, présenté comme intermédiaire de confiance.

Convaincu de la fiabilité de l’opération, il déclare avoir versé progressivement les fonds à Pape Djiby Ka. Toutefois, la marchandise promise n’aurait jamais été livrée. Après plusieurs tentatives infructueuses pour récupérer son argent, une plainte a été déposée, entraînant l’ouverture d’une enquête par la Section de recherches de Colobane.

Des versions opposées

À l’instruction comme devant la juridiction, Pape Djiby Ka a reconnu avoir encaissé les fonds, tout en niant toute intention frauduleuse. Il soutient que la marchandise existait bel et bien et appartenait à un opérateur malien, précisant qu’elle était en transit et destinée à être écoulée hors du Sénégal.

Le prévenu affirme également que la partie civile était consciente du caractère irrégulier de la transaction, évoquant notamment des pratiques illicites comme le paiement de pots-de-vin pour faciliter l’acheminement des produits.

Une version rejetée par Bara Lo, qui dit n’avoir jamais vu la marchandise et dénonce une manœuvre destinée à le tromper. Il indique n’avoir récupéré que 12 millions de FCFA sur les montants versés.

Débat juridique autour de l’escroquerie

Lors du procès en première instance, le ministère public avait mis en avant des manœuvres frauduleuses, notamment la présentation de photos et vidéos censées attester de l’existence du stock, ainsi que l’intervention d’un tiers ayant renforcé la crédibilité de l’opération.

La défense, assurée notamment par Bassirou Baldé et Bachir Lo, a plaidé l’absence d’escroquerie, évoquant plutôt une transaction commerciale risquée entre acteurs de l’informel. Les avocats ont également contesté toute implication avérée du magistrat cité.

En première instance, le tribunal avait finalement retenu l’infraction d’escroquerie, condamnant le prévenu à quatre ans de prison ferme et au paiement de 250 millions de FCFA à la partie civile, toutes causes de préjudice confondues.

Verdict attendu en mai

Pape Djiby Ka a interjeté appel, contestant à la fois la peine et les intérêts civils. À la barre, ses conseils ont sollicité la clémence de la juridiction, promettant un remboursement du plaignant.

Le ministère public a requis la confirmation de la décision, tout comme l’avocat de la partie civile, Ousmane Thiam.

À l’issue des débats, la Cour d’appel a mis l’affaire en délibéré au 5 mai 2026, date à laquelle sera rendue sa décision.

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