L’Afrique va-t-elle encore saboter sa propre victoire ?

Depuis quelques jours circule un texte expliquant que la candidature du Président Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies serait fragile parce qu’elle aurait été portée par le Burundi sans consensus préalable de l’Union africaine.

En réalité, ces arguments ne tiennent pas.

Dans toutes les grandes organisations internationales, les candidatures émergent avant de se consolider. Rien n’empêche aujourd’hui les États africains de transformer cette initiative en candidature continentale.

Le véritable problème n’est pas la candidature de Macky Sall.
Le problème est l’incapacité chronique de l’Afrique à faire bloc quand l’histoire lui offre une opportunité.

On évoque aussi les débats politiques internes au Sénégal pour affaiblir cette candidature. Mais les Nations Unies ne choisissent pas leurs dirigeants sur la base des polémiques internes d’un pays. Elles fonctionnent selon les alliances, les équilibres géopolitiques et surtout le droit de veto des grandes puissances comme les États-Unis, la France, la Russie ou la Chine.

Refuser un candidat africain qui a déjà l’expérience d’État et un relationnel avec ces puissances serait une erreur stratégique majeure.
Ce serait offrir aux autres régions du monde l’occasion d’imposer leur propre candidat.

Le vrai danger pour l’Afrique n’est pas Macky Sall.
Le vrai danger est la division africaine.

C’est toujours le même scénario :
les Africains se divisent, multiplient les candidatures, nourrissent des rivalités… et finissent par laisser la place aux autres.

Faire échouer la candidature de Macky Sall serait également un déshonneur pour les nouvelles autorités du Sénégal. Rien ne pourrait justifier que le Sénégal lui-même ne soutienne pas la candidature d’un de ses anciens chefs d’État à une fonction aussi stratégique.

J’en appelle donc au ministre des Affaires étrangères Cheikh Niang, excellent administrateur dont j’avais salué la nomination. Il connaît l’homme, il connaît le système international et il sait quelles opportunités diplomatiques cette candidature peut offrir à l’Afrique.

Il lui revient d’éclairer nos autorités.

Quant à l’argument d’une société civile prétendument opposée, il est largement exagéré et instrumentalisé. Une seule organisation, qui a souvent combattu Macky Sall, ne peut pas prétendre parler au nom de tout un peuple ni de la jeunesse africaine.

La jeunesse africaine observe.

Elle veut en finir avec l’époque des “Africains choisis”, ceux qui courbent l’échine devant les capitales du monde tout en empêchant leurs propres frères d’accéder aux responsabilités internationales.

Si l’Afrique laisse passer cette opportunité, ce ne sera pas faute de compétences.

Ce sera simplement par division, rivalités et trahisons silencieuses, comme trop souvent dans notre histoire.

Le monde regarde.
La jeunesse africaine regarde.
Et nous aussi.

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