Légitimité populaire contre légitimité constitutionnelle : le faux débat qui fragilise l’État

Je suis l’actualité, je lis, j’écoute, et je refuse de laisser prospérer certaines idées que je juge farfelues et trompeuses pour notre démocratie.

Opposer la légitimité populaire à la légitimité institutionnelle est une erreur grave. La première exprime l’adhésion politique ; la seconde fonde l’autorité de l’État. Sans légitimité constitutionnelle, il n’y a ni stabilité, ni responsabilité, ni continuité républicaine.

Le Président de la République et son Premier ministre ne découvrent pas l’État. Tous deux sont issus de l’ENA et ont servi la République. Ils connaissent cette réalité qu’exprimait Jean Collin : on passe une partie de sa vie à écrire des lettres qu’on ne signe pas, puis à signer des lettres qu’on n’écrit pas. Cette formule rappelle que l’État repose sur la responsabilité, la hiérarchie des fonctions et la clarté des pouvoirs.

Ousmane Sonko, en acceptant d’être Premier ministre, connaît les prérogatives constitutionnelles du Président Diomaye Faye. Et celui-ci sait que Sonko porte une force politique réelle. Il n’y a pas deux pouvoirs concurrents, mais deux légitimités qui doivent s’articuler pour que l’État fonctionne.

Vouloir faire primer la volonté populaire immédiate sur la norme constitutionnelle, c’est soit ne rien comprendre à l’État, soit céder à l’aveuglement partisan, soit chercher à tromper l’opinion.

Le Sénégal n’a pas besoin de débats pollués par la confusion.
Il a besoin d’institutions respectées et de discussions de haut niveau qui éclairent au lieu d’égarer.

Thierno Lô
Président de l’Alliance pour la Paix et le Développement

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