Tribunal de Mbao : une affaire de vengeance intime devant la justice

Dafma Wo negam Mou teudéma cette fille de 17ans raconte ...

Le tribunal de Mbao a examiné une affaire mêlant rupture amoureuse et diffusion de contenus intimes à des fins de représailles. Selon L’Observateur, présent à l’audience, une vidéo privée aurait été utilisée comme instrument de pression par un ancien compagnon vivant au Canada, avec la complicité présumée d’un tiers resté au Sénégal.

Une rupture qui vire au scandale

D’après les éléments exposés à la barre, l’affaire débute lorsque M. Mbaye, une femme mariée, met un terme à sa relation avec son ancien amant, O. Samb, installé au Canada. Refusant la séparation, ce dernier aurait entrepris de nuire à la plaignante en transmettant des vidéos intimes qu’elle lui avait envoyées durant leur relation.

Pour agir à distance, il aurait utilisé une puce téléphonique sénégalaise afin de créer un compte WhatsApp. L’objectif présumé : diffuser les images compromettantes à des membres de la belle-famille de la victime, provoquant ainsi un préjudice moral et familial.

Un chauffeur poursuivi pour complicité

À la barre, A.C. Ndiaye, chauffeur de 42 ans et proche des deux protagonistes, était poursuivi pour complicité. Il lui était reproché d’avoir acheté et enregistré à son nom la puce téléphonique utilisée dans la diffusion des contenus.

La partie civile a soutenu qu’en fournissant ce moyen technique, le prévenu ne pouvait ignorer l’intention de l’auteur principal et aurait ainsi facilité la commission de l’infraction. De son côté, A.C. Ndiaye a affirmé avoir simplement rendu service à un ami, sans connaissance d’un quelconque projet malveillant.

Les expertises techniques réalisées par la gendarmerie sur ses téléphones n’ont révélé aucune trace des vidéos ni d’échanges compromettants.

Relaxe pour défaut d’intention établie

Malgré les réquisitions du procureur, qui avait requis six mois de prison ferme en considérant que la fourniture de la puce constituait un acte de complicité matérielle, le tribunal a estimé que l’intention délictuelle n’était pas suffisamment démontrée.

Le juge a ainsi prononcé la relaxe d’A.C. Ndiaye et l’a renvoyé des fins de la poursuite. Quant à l’auteur principal présumé, résidant au Canada, il demeure pour l’instant hors de portée de la justice sénégalaise.

Cette affaire relance le débat sur les violences numériques et les défis liés à la poursuite des infractions commises à distance, notamment lorsque les auteurs se trouvent à l’étranger.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *