Médias et numérique : Aliou Sall défend la création du CNRM devant l’Assemblée nationale

Devant les députés, ce mardi, le ministre de la Communication, du Numérique et des Télécommunications, Aliou Sall, a présenté le projet de loi portant création et fonctionnement du Conseil national de régulation des médias (CNRM). Une réforme qu’il qualifie de « structurante » pour l’avenir du paysage médiatique sénégalais.
Face aux parlementaires, le ministre a tenu à clarifier la portée de ce futur organe afin de « dissiper toute ambiguïté ». Selon lui, le CNRM sera une autorité indépendante et moderne, chargée de réguler l’ensemble de l’écosystème informationnel du pays.
Une régulation élargie à tout l’écosystème numérique
D’après le ministre, le futur Conseil aura compétence sur la presse écrite et en ligne, mais également sur les plateformes numériques et de partage telles que TikTok, Facebook, Instagram et YouTube, ainsi que sur les créateurs de contenus et les médias étrangers accessibles depuis le Sénégal.
Aliou Sall a souligné que le CNRM disposera de moyens financiers, technologiques et humains renforcés pour détecter la désinformation, lutter contre les contenus générés par l’intelligence artificielle et protéger le public face aux dérives numériques.
L’institution sera également dotée d’un pouvoir de sanction « réel, encadré et proportionné », assorti de voies de recours, afin de garantir le respect des règles tout en préservant la liberté d’expression.
Une gouvernance encadrée
Concernant la gouvernance, le ministre a précisé que les membres du CNRM seront nommés pour un mandat de trois ans renouvelable une seule fois. Leur désignation passera par un appel à candidatures, avec des obligations d’impartialité et un serment prêté devant les juridictions compétentes.
« Ce n’est pas un outil de censure »
Aliou Sall a insisté sur les limites de la réforme. Selon lui, le CNRM ne sera pas un instrument de censure. « La liberté d’expression, pilier de la démocratie, reste intacte », a-t-il assuré.
Le ministre a également écarté toute volonté punitive à l’égard des plateformes étrangères ou des réseaux sociaux, précisant que l’objectif est d’imposer le respect des lois nationales et de garantir la protection des citoyens.
Il a défendu une réforme « structurelle » et non conjoncturelle, destinée à préparer le Sénégal aux défis futurs, notamment la régulation des contenus haineux, violents ou inappropriés, en particulier pour la protection des mineurs.
« Un choix de société »
« Ce projet de loi n’est pas seulement technique, il est un choix de société », a déclaré le ministre devant l’hémicycle. Selon lui, il s’agit d’opter pour « un espace public ordonné, responsable et protecteur, où la liberté d’expression s’exerce dans le respect des droits fondamentaux et de la cohésion sociale ».
En conclusion, Aliou Sall a appelé les députés à enrichir le texte à travers des amendements, afin de faire du CNRM un instrument crédible, respecté et efficace, capable de réguler un paysage médiatique devenu complexe et mondialisé.

