Justice à Thiès : Un mur détruit à Tivaouane mène I. Sène devant le tribunal

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THIÈS — La chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Thiès a examiné, ce 3 mars 2026, une affaire de destruction de biens appartenant à autrui. Au cœur du litige : la démolition d’un mur de clôture édifié par dame P. Mbaye sur un terrain situé à Tivaouane. Entre accusations de vandalisme et défense basée sur l’empiétement de la voie publique, le tribunal devra trancher.

Par la Rédaction

Les faits remontent à l’année 2025. I. Sène est accusé d’avoir volontairement détruit (ou fait détruire) une construction appartenant à la plaignante. Si le prévenu ne conteste pas l’état de ruine du mur, il rejette catégoriquement toute responsabilité pénale.

La défense du prévenu : L’accident ou l’action des éléments

À la barre, I. Sène a maintenu une ligne de défense constante : il n’est ni l’auteur, ni le commanditaire de la démolition. Pour lui, la structure, qu’il jugeait irrégulière, a subi les dommages collatéraux de sa propre situation géographique.

« J’ai saisi la mairie et la commission domaniale car cette dame construisait sur la voie publique. Je n’ai pas touché à cette construction, je me suis contenté d’alerter les autorités. Ce sont des véhicules qui auraient heurté le mur à cause de son empiétement sur la chaussée », a-t-il argué.

Un témoignage oculaire accablant

Cette version a été vivement contestée par D. Ndiaye, le vendeur de la parcelle. Présent à la barre, ce dernier a désigné I. Sène comme l’auteur matériel de la destruction. Il a également balayé l’argument de l’empiétement, affirmant que le terrain cédé à P. Mbaye est parfaitement régulier et ne gêne nullement la circulation.

La victime, P. Mbaye, a exprimé son désarroi, expliquant avoir investi toutes ses économies dans ce projet de construction avant de voir ses efforts réduits à néant.

Une « justice privée » pointée par la partie civile

Pour l’avocat de la plaignante, Me Faty, la culpabilité d’I. Sène ne fait aucun doute. Selon lui, le prévenu s’est substitué aux autorités en exerçant une forme de justice privée. L’avocat souligne que le fait d’avoir entrepris des démarches administratives pour stopper le chantier prouve l’intérêt et la détermination du prévenu à voir cette construction disparaître.

Conclusion

Le tribunal a pris acte des différentes versions et des réquisitions du ministère public. Le délibéré, qui déterminera si I. Sène doit indemniser la victime à hauteur des 5 millions demandés ou s’il sera relaxé au bénéfice du doute, est attendu pour le 5 mai 2026.

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