Alerte Sociale : Cri de détresse de l’ONG Enfants Soleil Monde, 200 enfants handicapés privés de soins et d’école

MALIKA / MBOUR — C’est un véritable séisme pour le monde du handicap au Sénégal. L’ONG Enfants Soleil Monde a officialisé la fermeture de ses deux centres névralgiques à Malika et Mbour. Faute de moyens financiers, plus de 200 enfants porteurs de trisomie 21, d’autisme ou d’infirmité motrice cérébrale (IMC) se retrouvent brutalement confinés à domicile, sans aucune assistance.
Par la Rédaction
Le silence a remplacé les rires et les séances de rééducation dans les couloirs du centre principal de Malika et de la Maison Jaune de Mbour. Fondée par des parents d’élèves pour pallier le manque de structures publiques, l’ONG Enfants Soleil Monde traverse aujourd’hui la crise la plus grave de son histoire.
Une faillite financière aux conséquences humaines dramatiques
La sentence est tombée : une crise de liquidités sévère a rendu impossible le paiement des salaires des 35 agents (éducateurs spécialisés, psychomotriciens, orthophonistes) et le règlement des frais de fonctionnement courants.
Adama Ndao Dia, président du Conseil d’administration de l’ONG, ne cache pas son désarroi :
« Nous avons actuellement des difficultés financières qui ont occasionné des retards sur les paiements de salaires. Aujourd’hui, plus de 200 enfants restent chez eux. Ils ne sont plus scolarisés et ne bénéficient plus des séances d’orthophonie, de psychomotricité ou du suivi psychologique. »
Un retour à l’isolement pour les familles
Pour les parents, cette fermeture est un « coup de massue ». Dans des zones comme Malika ou Mbour, ces centres constituaient souvent l’unique recours pour offrir un semblant d’autonomie à leurs enfants. Sans ces structures, les familles se retrouvent seules face à la lourdeur de la prise en charge quotidienne, sans perspective d’inclusion scolaire.
Le risque de régression thérapeutique est immense. Pour un enfant autiste ou porteur de trisomie, l’arrêt brutal des stimulations et de la socialisation peut effacer des mois, voire des années d’efforts et de progrès.
Un appel pressant à la solidarité nationale
Face à ce que les familles qualifient de « tragédie de l’exclusion », l’ONG se tourne vers les autorités et le secteur privé. Adama Ndao Dia lance un appel solennel à l’État du Sénégal, aux entreprises et aux partenaires techniques :
« Nous sollicitons un accompagnement urgent pour garantir l’inclusion scolaire et paramédicale de ces enfants. »
Cette crise interroge plus largement sur la pérennité du modèle associatif dans la gestion du handicap au Sénégal. Sans une subvention publique stable ou un mécénat solide, le droit à l’éducation pour ces enfants reste un vœu pieux.
La fermeture des centres de l’ONG Enfants Soleil Monde n’est pas qu’une affaire de comptabilité ; c’est un test pour la politique sociale du pays. Plus de 200 destins sont aujourd’hui en suspens. L’urgence est désormais de rouvrir ces portes avant que l’isolement ne devienne définitif pour ces petits Sénégalais déjà fragiles.

