Conflit au Moyen-Orient : Ousmane Sonko alerte sur les risques d’embrasement et les répercussions économiques

Ousmane Sonko : Que retenir du Plan de Redressement Économique et Social du  Sénégal ? - BBC News Afrique

Le Premier ministre Ousmane Sonko a entamé son intervention en ligne par une analyse de la situation au Moyen-Orient, qualifiant les événements en cours de « guerre qu’il faut appeler telle quelle ». Selon lui, les frappes attribuées aux États-Unis et à leurs alliés, notamment Israël, contre Iran, ont ouvert une séquence susceptible d’embraser l’ensemble du Golfe.

« Nous serions très naïfs de penser que cela se limitera à ces événements », a-t-il averti, appelant à une lecture lucide des dynamiques géopolitiques actuelles.

Un ordre international fragilisé

Pour le chef du gouvernement, ces opérations militaires traduisent une dégradation profonde du système international. Il a dénoncé des frappes menées sans mandat des Nations Unies, évoquant des actions ciblant des dirigeants étrangers.

Selon lui, le monde assisterait à un « retour à l’état de nature », marqué par l’affaiblissement du droit international et la primauté de la loi du plus fort. Une évolution qui remettrait en cause un équilibre mondial construit depuis plusieurs décennies.

Le détroit d’Ormuz, point névralgique

Au-delà de la dimension militaire, le Premier ministre a insisté sur les implications économiques majeures, notamment autour du Détroit d’Ormuz, par lequel transiterait entre 30 % et 40 % du pétrole mondial.

Une perturbation prolongée de ce corridor stratégique pourrait entraîner :

  • Une flambée des prix des hydrocarbures
  • Une accélération de l’inflation mondiale
  • Un impact sur les investissements
  • Une hausse des prix des produits de première nécessité, y compris alimentaires

Le Sénégal, en tant qu’importateur net de produits pétroliers, serait directement exposé à ce choc exogène.

Rivalités de blocs et monde multipolaire

Ousmane Sonko a également replacé la crise dans un contexte plus large de rivalités entre puissances. Il a évoqué la montée en puissance des BRICS, soulignant le rôle central croissant de la Chine sur les plans économique, technologique et militaire.

Selon lui, certaines interventions internationales pourraient s’inscrire dans une logique d’endiguement visant à freiner les puissances émergentes, à l’heure où le monde évoluerait vers un ordre multipolaire.

Face aux risques d’escalade, notamment entre États disposant d’arsenaux sophistiqués, le Premier ministre a lancé un appel à une désescalade rapide « pour le bien du monde », mettant en garde contre les conséquences d’un conflit élargi, tant sur le plan sécuritaire qu’économique.

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