Grand Jury : Mamadou Ndoye récuse une candidature de Macky Sall à l’ONU

DAKAR — L’ancien ministre de l’Éducation nationale et figure historique de la Ligue démocratique (LD), Mamadou Ndoye, a jeté un pavé dans la mare ce dimanche 1er mars 2026. Invité de l’émission « Le Grand Jury » sur la RFM, il s’est fermement opposé à l’idée de voir le Sénégal soutenir l’ancien président Macky Sall pour le poste de Secrétaire général des Nations Unies.
Par la Rédaction
Si l’idée de voir un Sénégalais succéder à António Guterres à la tête de l’organisation mondiale flatte l’orgueil national, le choix de l’homme divise. Pour Mamadou Ndoye, le profil de l’ancien chef de l’État est disqualifié par les remous qui ont marqué la fin de son second mandat.
« Un bilan de répression incompatible avec l’ONU »
Le verdict de Mamadou Ndoye est sans appel : Macky Sall est « très très mal sorti du pouvoir ». L’ancien patron de la LD a dressé un réquisitoire sévère contre la gouvernance des dernières années, citant une remise en cause systématique des libertés fondamentales.
« Il a remis en cause le droit de manifestation, le droit d’expression. La répression a conduit à des morts et à des emprisonnements à un niveau exceptionnel », a-t-il dénoncé sur le plateau du Grand Jury.
Pour l’invité, cette « image ternie » par les crises politiques de 2021 à 2024 constitue un obstacle éthique majeur. Selon lui, exporter un tel bilan pour diriger une institution garante des droits de l’homme serait préjudiciable pour la diplomatie sénégalaise.
Le défi d’un leadership fort face au « néofascisme » mondial
Au-delà de la politique intérieure, Mamadou Ndoye analyse la fonction de Secrétaire général de l’ONU à l’aune des tensions géopolitiques actuelles. Il estime que le contexte mondial, marqué par la montée des forces suprémacistes et la remise en question du multilatéralisme, exige une personnalité d’une trempe exceptionnelle.
« Ce n’est pas au moment où des forces suprémacistes et néofascistes cherchent à disqualifier les Nations Unies qu’on mettra un secrétaire général aussi faible », a-t-il averti. Pour lui, le prochain chef de l’ONU devra être capable de résister aux pressions des grandes puissances du Conseil de sécurité, une capacité de résistance qu’il ne semble pas accorder à l’ancien président.
L’exigence de vérité et de rupture
Interrogé sur les éventuelles poursuites judiciaires contre l’ancien régime, Mamadou Ndoye a exprimé son incompréhension face à la lenteur des enquêtes sur les violences politiques. Il estime que la « vérité » est un préalable nécessaire à toute réconciliation ou projection internationale.
Enfin, l’ancien ministre a lancé un appel aux nouvelles autorités (Pastef). Pour lui, le pays ne peut se contenter d’un simple changement d’hommes : « Ce qu’on attendait, c’était une nouvelle dynamique, un changement culturel et de pratiques », a-t-il conclu, rappelant que la rupture promise doit avant tout être éthique.

