« Les Échos des Entrepreneurs » : Quand l’échec devient le moteur de la réussite à l’UCAO

Face à l’impossibilité pour les États d’assurer le plein emploi à une jeunesse toujours plus nombreuse, la Fondation Friedrich Naumann propose une alternative : l’entrepreneuriat de résilience. Lors de la dernière édition de sa plateforme d’échanges, tenue à l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO), des figures du secteur privé sont venues briser le tabou de l’échec devant les étudiants.

DAKAR – Le marché du travail en Afrique de l’Ouest est en perpétuelle tension. Chaque année, des milliers de diplômés se heurtent à la réalité du salariat saturé. C’est dans ce contexte que la Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté a transformé ses célèbres « Fuck up Nights » en une plateforme plus institutionnelle : « Les Échos des entrepreneurs ». L’objectif ? Transmettre les ficelles du métier, non pas à travers des récits lissés, mais par le partage sincère des revers de fortune.

L’entrepreneuriat, une course d’endurance

À la barre de cette séance de partage, des entrepreneurs aguerris ont témoigné que le succès ne se décrète pas, il se construit dans la douleur. Carlos Hayibor, fondateur de Keli-Groupe, fort de 20 ans d’expérience, a partagé ses moments de doute.

« Il nous est arrivé de mettre beaucoup d’argent dans le projet, une plateforme de formation, sans avoir un retour d’investissement », a-t-il confessé, rappelant que la passion ne protège pas toujours des pertes financières.

Même son de cloche chez Yaye Souadou Fall, lauréate de plusieurs prix et fondatrice d’E-Cover, spécialisée dans le recyclage de pneus. Pour elle, l’argent n’est rien sans une vision claire. « Si on a de l’argent sans stratégie, on aura moins d’effet. Ce qui définit le succès, c’est l’impact que l’on crée », explique-t-elle aux étudiants, soulignant que l’entrepreneuriat se bâtit « brique par brique ».

Combler un vide institutionnel

Le cadre entrepreneurial en Afrique de l’Ouest, bien que soutenu par divers fonds et institutions, souffrait d’un manque d’espaces de transmission entre générations. Antonin Oumar Gning, chargé de Programme à la Fondation Friedrich Naumann, souligne l’importance de ce dialogue.

« Nous encourageons les jeunes à entreprendre, mais avec une parfaite connaissance des règles du milieu », explique-t-il. En mettant l’accent sur le « rebond entrepreneurial », la fondation souhaite désacraliser l’échec pour en faire un outil pédagogique.

Conclusion : Une nouvelle école de la vie

« Les Échos des entrepreneurs » s’impose désormais comme un pont essentiel entre le monde universitaire et le secteur privé. En apprenant aux futurs diplômés que tomber fait partie du métier, ces séances forgent une nouvelle génération d’acteurs économiques plus résilients, prêts à affronter les réalités d’un marché complexe.

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