Assumer, unir, souverainiser : les trois leçons du discours de Sonko

Le discours du Premier ministre Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale doit être apprécié avec lucidité et sens de l’intérêt national.
J’en retiens d’abord un acte de responsabilité politique qu’il faut souligner : il a assumé clairement la décision d’avoir envoyé les forces de l’ordre sur le campus universitaire. Dans une République, gouverner c’est décider, et décider c’est répondre de ses actes. Cette posture tranche avec les habitudes d’évitement que nous avons trop connues et mérite d’être relevée.
J’en retiens ensuite un principe démocratique fondamental : nous devons apprendre à débattre dans le respect de nos différences. Aucune nation ne progresse dans la haine de l’autre. La confrontation des idées doit rester un exercice républicain et non un champ de bataille.
Enfin, j’ai été attentif à son appel à la solidarité nationale face aux lobbies qui tentent d’influencer nos choix de société, notamment sur la question de l’homosexualité. Mais cette exigence d’unité ne doit pas être limitée à un seul sujet.
Elle doit irriguer l’ensemble de notre projet national.
L’union doit être notre boussole dans la défense de nos souverainetés,
dans la gestion de nos ressources minières,
dans la protection de notre sécurité nationale,
et dans notre capacité collective à décider pour nous-mêmes.
Car aucune politique de redressement, aucune conquête de souveraineté, aucune réforme structurelle ne peut réussir sans adhésion populaire. Nous traverserons des moments difficiles, c’est certain. Mais ces épreuves n’auront de sens que si elles sont portées par un peuple uni, conscient des sacrifices et confiant dans l’avenir.
Notre force, hier comme demain, restera notre union.
J’en appelle aussi à tous les représentants du peuple : les séances de questions d’actualité ne doivent pas être des rendez-vous manqués. Elles sont le cœur vivant du contrôle démocratique. C’est là que se posent les vraies questions, celles qui obligent le gouvernement à rendre compte et éclairent la Nation.
Savoir reconnaître ce qui est juste, tout en restant exigeant sur ce qui doit être amélioré, voilà l’attitude républicaine.
Thierno Lô
Président de l’Alliance pour la Paix et le Développement

