Le temps des slogans est fini, le peuple attend des résultats .

Mes chers compatriotes,
Depuis quelque temps, nous assistons à une communication politique préoccupante.
On voudrait nous convaincre que payer la dette malgré l’absence du FMI serait une prouesse économique.
Mais un État qui s’endette pour payer sa dette n’avance pas : il s’enfonce.
Pendant que certains célèbrent des chiffres, la réalité du pays est plus dure :
le secteur privé est asphyxié,
les ménages subissent une pression fiscale croissante,
les étudiants attendent leurs bourses,
le monde rural souffre,
le BTP ralentit,
et les banques s’inquiètent pour leurs créances.
Ce n’est pas la propagande qui nourrit un peuple.
Ce sont les résultats.
J’entends aussi des attaques contre l’administration.
Mais ceux qui gouvernent ont aujourd’hui le pouvoir de nomination et la responsabilité de diriger.
S’ils ne produisent pas, ils ne peuvent accuser l’outil qu’ils sont censés piloter.
Gouverner exige de l’expérience.
Gouverner exige de l’humilité.
Gouverner exige de comprendre que l’État n’est pas une propriété privée, mais un héritage collectif à consolider pour les générations futures.
Or, ce qui inquiète aujourd’hui, ce ne sont pas seulement les difficultés économiques.
Ce sont certaines orientations politiques qui semblent viser des réformes déstabilisantes, susceptibles d’affaiblir les équilibres institutionnels et d’ouvrir la voie à un parti-État.
L’histoire africaine et mondiale nous a appris une chose :
lorsqu’un pouvoir cherche à confondre l’État avec un parti, il fragilise la démocratie, il étouffe les institutions et il finit par rompre le contrat avec le peuple.
Le Sénégal n’acceptera jamais cela.
Notre peuple est attaché au pluralisme, à l’alternance et à la souveraineté populaire.
La communauté internationale, elle aussi, ne tolère plus les dérives autoritaires ni les manipulations institutionnelles destinées à confisquer la volonté des citoyens.
Le peuple sénégalais n’accorde jamais un pouvoir sans limite.
Il accorde un mandat, et il attend des résultats.
Sans résultats, l’alternance peut venir plus vite que prévu.
Le moment est venu d’agir.
De produire.
D’améliorer concrètement la vie des Sénégalais.
Car gouverner, ce n’est pas rêver de refonder le pays.
C’est réussir à le faire avancer.
Thierno Lo
Président de l’Alliance pour la Paix et le Développement

