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Tribunal d’Instance : Une dispute autour d’un repas vire au pugilat entre coépouses -

Tribunal d’Instance : Une dispute autour d’un repas vire au pugilat entre coépouses

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La polygamie a montré son visage le plus sombre cette semaine au tribunal. Un simple refus de partager un repas a dégénéré en une violente altercation entre S. Kane et A. Kany, les deux épouses de M. Keïta. La première, reconnue coupable d’agression, a été condamnée à une amende assortie du sursis.

DAKAR – Les affaires de voisinage et de cohabitation sont monnaie courante dans les prétoires, mais celle examinée par le tribunal d’instance a marqué les esprits par la futilité de son point de départ : une invitation à déjeuner déclinée.

Un déjeuner sous haute tension

Selon le récit de la plaignante, la seconde épouse A. Kany, l’incident a éclaté lorsqu’elle a refusé de s’attabler avec sa coépouse, prétextant qu’elle n’avait pas faim. Ce refus, perçu comme un affront ou un acte de mépris, a mis le feu aux poudres.

La dispute verbale s’est transformée en une scène de violence physique. A. Kany soutient qu’elle a été prise à partie par la première épouse, S. Kane, laquelle aurait reçu le renfort de ses propres filles pour porter des coups à la victime, lui occasionnant des blessures dûment constatées.

Une ligne de défense peu convaincante

À la barre, la prévenue S. Kane a opté pour la dénégation totale. Elle a présenté une version des faits pour le moins singulière, affirmant n’avoir jamais levé la main sur sa rivale. Selon elle, A. Kany aurait orchestré une mise en scène :

« Elle s’est jetée au sol et a roulé volontairement jusqu’à se blesser elle-même pour m’accuser », a-t-elle soutenu devant le juge.

Le témoignage accablant du mari

Fait rare dans ce genre de dossier, le chef de famille, M. Keïta, a choisi de ne pas rester neutre. Témoignant en faveur de sa seconde épouse, il a pointé la responsabilité de S. Kane dans le déclenchement des hostilités.

Le mari a même confessé avoir dû intervenir avec fermeté auprès de ses filles, allant jusqu’à les réprimander physiquement pour avoir pris part à cette expédition punitive contre leur « petite maman ».

Bien que la peine soit symbolique, le juge a tenu à marquer la culpabilité de la première épouse. Cette affaire illustre une fois de plus la fragilité des relations au sein des foyers polygames lorsque le dialogue laisse place à la violence pour des motifs domestiques dérisoires.

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