Assemblée nationale : Guy Marius Sagna lie le dossier des « martyrs » au drame de l’UCAD et interpelle l’Exécutif

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Lors de l’examen du projet de loi portant réforme de l’Observatoire national des Lieux de Privation de Liberté (ONLPL) ce lundi 16 février 2026, le député Guy Marius Sagna a fustigé la lenteur des procédures judiciaires concernant les victimes des manifestations politiques. Selon lui, cette inertie est directement liée aux récentes violences universitaires.

DAKAR, le 16 février 2026 – L’hémicycle a été le théâtre d’une interpellation musclée. Alors que les parlementaires débattaient de la modernisation des mécanismes de contrôle des lieux de détention, le député Guy Marius Sagna a dévié le curseur vers l’actualité brûlante : le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

L’impunité comme moteur de la récidive

Pour le parlementaire, le lien de causalité est établi. En ne rendant pas justice aux « martyrs » des événements politiques de 2021 à 2024, l’État aurait entretenu un climat d’impunité propice à de nouveaux drames.

« Ceux qui ont ralenti le dossier des martyrs, qui attendent toujours que justice soit faite, sont comptables de ce qui s’est passé à l’UCAD », a-t-il martelé à la tribune.

Selon son analyse, l’absence de sanctions dans les affaires antérieures encourage la perpétuation de méthodes d’intervention brutales au sein des forces de l’ordre.

Un message direct pour le Palais

S’adressant directement à la ministre de la Justice présente dans la salle, Guy Marius Sagna a exigé que ses propos soient rapportés au plus haut sommet de l’État. Le député n’a pas mâché ses mots à l’endroit de ceux qu’il accuse d’entraver le cours de la justice au sein même du nouvel appareil d’État.

« Celui qui a mis le coude sur ce dossier nous porte préjudice et est comptable de ce qui s’est passé à l’UCAD », a-t-il lancé à l’intention du président Bassirou Diomaye Faye, appelant à une accélération immédiate des procédures.

Les enjeux de l’interpellation

Point cléArgument du député
Effet dissuasifLa justice pour les victimes passées forcerait une évolution des pratiques des forces de l’ordre.
ResponsabilitéLe ralentissement des dossiers judiciaires est perçu comme une complicité morale dans les nouveaux décès.
ConfianceSeule la lumière sur les dossiers en suspens peut restaurer le lien entre les citoyens et les institutions.

Une réforme de l’ONLPL sous tension

Cette sortie intervient alors que le projet de loi n°09/2025 vise précisément à transformer l’ONLPL en une autorité administrative indépendante pour mieux prévenir les violences et les abus de pouvoir. Pour Guy Marius Sagna, aucune réforme institutionnelle ne sera crédible tant que les dossiers de sang n’auront pas été vidés.

En liant la réforme de l’observation des lieux de détention à la nécessité d’une justice transitionnelle, Guy Marius Sagna rappelle au nouveau régime ses promesses de rupture. Le dossier de l’étudiant Abdoulaye Ba vient ainsi s’ajouter à une liste de griefs que l’activiste-député compte bien maintenir au sommet de la pile des priorités nationales.

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