Au Sénégal, la réforme du conseil agricole entre dans une phase décisive. L’État engage l’élaboration d’une politique nationale du Conseil agrosylvopastoral et halieutique (CASPH), avec l’ambition de moderniser et structurer durablement l’accompagnement des producteurs.

Réunis en atelier national, les acteurs du secteur ont examiné les enjeux, les orientations stratégiques et les mécanismes de gouvernance du futur dispositif. Objectif : doter le pays d’un cadre de référence clair pour organiser les services de conseil, aujourd’hui marqués par la dispersion des initiatives et la multiplicité des intervenants — institutions publiques, ONG, organisations paysannes et partenaires techniques.
Malgré les efforts déployés ces dernières années, l’offre de conseil reste peu lisible et parfois insuffisamment coordonnée. Les défis sont nombreux : définir une vision commune du métier de conseiller, professionnaliser la fonction, améliorer la qualité des prestations, renforcer la formation initiale et continue, assurer une meilleure coordination entre acteurs et sécuriser des financements pérennes.
Pour piloter cette réforme, l’État a mandaté l’Agence nationale de conseil agricole et rural (ANCAR), bras technique du ministère en charge de l’Agriculture. L’agence a conduit un processus participatif, marqué par le recrutement de cinq consultants et l’organisation de consultations locales dans les six zones agroécologiques du pays. Une note de cadrage stratégique a été élaborée pour baliser les grandes orientations de la future politique.
Les travaux ont également porté sur la gouvernance du système national de conseil, la professionnalisation du métier, le financement, la recherche, la formation ainsi que la digitalisation des services.
Selon le directeur général de l’ANCAR, El Hadj Faye, cette initiative vient concrétiser une disposition prévue par la loi d’orientation agrosylvopastorale et halieutique adoptée en 2004, restée jusque-là sans mise en œuvre effective. Il considère le conseil agricole comme un levier stratégique pour accélérer la transformation du secteur, en cohérence avec les ambitions nationales de souveraineté alimentaire et la Vision Sénégal 2050.
Les participants ont également insisté sur la nécessité d’un financement plus conséquent du conseil agricole, souvent relégué au second plan derrière les investissements en infrastructures et en intrants. Ils plaident pour des mécanismes innovants et une diversification des sources de financement afin de garantir la durabilité du dispositif.
Avec cette réforme, le Sénégal entend franchir un cap dans la structuration de son système de conseil et renforcer l’efficacité de l’accompagnement des producteurs, au cœur de la transformation agricole nationale.

