DIPLOMATIE : La CNDH se mobilise à Yaoundé pour les supporters sénégalais détenus au Maroc

Le dossier des 18 supporters sénégalais incarcérés au Maroc après la finale de la CAN 2025 connaît un tournant institutionnel majeur. En marge d’un sommet continental au Cameroun, la Pr Amsatou Sow Sidibé a activé les leviers de la « diplomatie des droits humains » pour dénouer cette crise qui préoccupe l’opinion publique.
Une rencontre stratégique au sommet à Yaoundé
C’est dans le cadre de la 15ᵉ Conférence biennale du Réseau des Institutions Nationales Africaines des Droits de l’Homme (RINADH), qui se tient du 4 au 6 février 2026 à Yaoundé, que l’offensive a été lancée.
La présidente de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) du Sénégal, la Pr Amsatou Sow Sidibé, a profité de ce forum pour s’entretenir en tête-à-tête avec son homologue marocaine, Mme Amina Bouayach, présidente du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) du Maroc.
Les axes de l’intervention : Données, Équité et Dignité
Loin d’être une simple formalité, cet échange a permis d’asseoir une coopération technique entre les deux institutions pour traiter le cas des supporters arrêtés à Rabat :
- Partage de données : Établir une liste précise et documentée de la situation judiciaire de chaque ressortissant sénégalais.
- Garantie procédurale : Veiller à ce que les détenus bénéficient d’un traitement équitable, conforme aux standards internationaux, malgré le contexte tendu des incidents de la finale.
- Préservation des liens : Agir pour que ce contentieux sportif et judiciaire n’entache pas les relations séculaires et fraternelles unissant le Sénégal et le Royaume chérifien.
La « Diplomatie des Droits Humains » contre l’inertie
Alors que les familles des détenus exprimaient leur inquiétude face à une possible stagnation du dossier, la sortie de la Pr Amsatou Sow Sidibé apporte une réponse concrète.
« Notre priorité absolue est le respect rigoureux des droits fondamentaux et la protection de nos compatriotes à l’étranger », a martelé la présidente de la CNDH.
Cette approche privilégie une médiation par les institutions de défense des droits plutôt que par les seuls canaux politiques, offrant ainsi une voie de sortie basée sur le droit plutôt que sur la passion sportive.
L’implication de la CNDH marque un changement de paradigme. En s’appuyant sur le réseau africain des droits de l’homme, le Sénégal évite la confrontation directe avec le Maroc tout en maintenant une pression constante sur les garanties judiciaires. C’est une stratégie subtile qui permet de protéger les citoyens tout en ménageant la sensibilité du pays organisateur de la CAN.

