DIPLOMATIE : Le nouvel axe Dakar-Rabat scellé par la 15e Grande Commission Mixte

Après 13 ans d’attente, le Sénégal et le Maroc ont relancé leur coopération bilatérale au plus haut niveau. Les 26 et 27 janvier 2026, Ousmane Sonko et son homologue marocain Aziz Akhannouch ont coprésidé à Rabat la 15e Grande Commission Mixte, marquant le retour d’une diplomatie économique active entre les deux nations.
Une accélération diplomatique sous l’impulsion de Cheikh Niang
Si cette rencontre est un succès, elle le doit à une préparation minutieuse entamée dès les premiers mois du nouveau régime sénégalais. Dans un entretien accordé à L’Observateur ce lundi 2 février, Abdou Soulèye Diop, figure influente de la communauté sénégalaise au Maroc et vice-président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), lève le voile sur les coulisses de cet événement.
Tout s’est joué avec l’arrivée de Cheikh Niang à la tête du ministère des Affaires étrangères :
- Proactivité : Dès sa prise de fonction, le ministre sénégalais a fait du Maroc une priorité, se rendant personnellement dans le Royaume pour baliser le terrain.
- Réciprocité : En novembre 2025, son homologue marocain s’était rendu à Dakar pour rencontrer le Président Bassirou Diomaye Faye, scellant ainsi la volonté politique des deux chefs d’État.
Fin d’une léthargie de 13 ans
La tenue de cette commission est historique puisque la dernière réunion de ce type remontait à 2013. « À partir du jalon posé en novembre, tout a été accéléré », explique Abdou Soulèye Diop. Des échanges intenses entre experts des deux pays ont permis d’aboutir à des accords concrets en un temps record.
Pour les acteurs économiques comme le cabinet Forvis Mazars, ce retour au dialogue institutionnel est accueilli avec un « grand bonheur », car il offre un cadre juridique et sécurisé aux investisseurs des deux pays.
Les piliers de la 15e Commission Mixte (Janvier 2026)
| Domaine | Objectifs Stratégiques |
| Économie | Renforcement des échanges commerciaux et facilitation des investissements croisés (via la CGEM). |
| Souveraineté | Partage d’expertise sur la sécurité alimentaire et l’industrialisation. |
| Diplomatie | Alignement des positions sur les enjeux continentaux et régionaux. |
| Formation | Augmentation des quotas de bourses et coopération universitaire. |
Le rôle clé du secteur privé
Au-delà des poignées de main officielles, cette commission a mis l’accent sur le rôle moteur du secteur privé. Le témoignage d’Abdou Soulèye Diop souligne l’importance d’une diplomatie qui sert directement les intérêts des entreprises. En tant que vice-président de la CGEM, il voit dans cette relance une opportunité de créer des « champions transnationaux » capables de rayonner sur tout le continent.
Le choix du Maroc pour l’une des premières grandes sorties internationales d’Ousmane Sonko en tant que Premier ministre n’est pas anodin. Il confirme que, malgré les changements de régime, l’axe Dakar-Rabat reste une constante géopolitique. Pour le Sénégal, il s’agit de s’inspirer du modèle industriel marocain tout en affirmant une nouvelle doctrine de « coopération d’égal à égal » portée par le tandem Diomaye-Sonko.

