BIEN-ÊTRE ANIMAL : La Police nationale déclare la guerre aux « cages abusives »

Après avoir ciblé les charretiers pour la maltraitance des chevaux, la Police nationale franchit une nouvelle étape. Une vaste opération de démantèlement des réseaux de capture et de mise en cage d’oiseaux est lancée sur l’ensemble du territoire national ce lundi 2 février 2026.
Une pratique ancestrale sous le feu de la loi
Longtemps perçue comme un folklore urbain ou une nécessité rituelle, la détention d’oiseaux en cage est désormais dans le viseur des autorités pour trois raisons majeures :
- Cruauté animale : L’exiguïté des cages et l’absence de soins élémentaires sont qualifiées d’actes de maltraitance.
- Commerce illicite : La vente à la sauvette d’espèces protégées ou sauvages sur les grands axes (notamment à Dakar) est désormais proscrite.
- Lutte contre le braconnage urbain : La capture d’oiseaux sauvages à des fins mystiques ou décoratives est jugée préjudiciable à la biodiversité locale.
Un arsenal répressif activé
Les opérations de police ne se limitent plus à de simples avertissements. Les mesures annoncées incluent :
- Saisies immédiates : Confiscation des oiseaux et destruction des cages non conformes.
- Interpellations : Poursuites judiciaires contre les vendeurs et les captureurs pour exploitation mercantile illicite.
- Fermetures de points de vente : Assainissement des marchés informels spécialisés dans les animaux de compagnie.
Vers un changement de mentalité
Cette offensive s’inscrit dans une dynamique globale de respect de la vie animale, impulsée par le nouveau régime. Les autorités entendent mettre fin à une forme de « banalisation » de la souffrance animale, rappelant que les animaux, même urbains, sont protégés par le Code de l’environnement et le Code pénal.
Cette opération marque une évolution sociétale importante au Sénégal. En s’attaquant au commerce des oiseaux, souvent lié à des croyances profondes (« sarax » ou sacrifices), l’État affirme sa volonté de placer le droit environnemental au-dessus de certaines pratiques informelles. C’est un signal fort envoyé aux populations sur la transition vers une « citoyenneté verte » et responsable.

