ALERTE RÉPUBLICAINE – NE TOUCHEZ PAS À CETTE ÉCOLE

Je suis un peu fatigué, je ne le cache pas.
Mais une alerte m’a réveillé : la convocation de mon jeune frère Pape Ngagne Ndiaye, après son émission Faram Facce.
Par souci de sérieux, je suis allé écouter l’émission. Et je le dis calmement : cette convocation n’est pas anodine.
Elle montre une chose : on rampe.
On rampe vers des voix pertinentes, structurées, outillées, qui connaissent la République et ses ressorts.
Aujourd’hui Pape Ngagne Ndiaye.
Demain, ce sera Doudou Wade, Babacar Gaye, et d’autres encore — des femmes et des hommes formés à l’école d’Abdoulaye Wade, qui ont grandi dans la confrontation démocratique, qui maîtrisent les dossiers, l’argumentaire et le verbe.
Des voix qui font mouche, parce qu’on ne peut pas les battre par le bas niveau.
Qu’on soit clair : je suis de cette école.
Moi qui trempe ma plume, j’en viens.
C’est une école qui respecte la République, qui débat sans insulter, qui critique sans brûler, qui s’oppose sans casser.
Ne touchez pas à cette école.
Monsieur le Procureur, vous êtes le procureur du peuple, pas l’exécutant d’un agenda politique.
Votre rôle n’est pas de transformer les plateaux télévisés et les réseaux sociaux en dossiers judiciaires, ni de fermer les voies d’expression pacifique pour pousser les frustrations vers la rue.
Le Sénégal est une société de débats.
Le consensus n’est pas obligatoire, mais la parole libre est non négociable.
Une justice qui ne convoque que ceux qui critiquent le régime, pendant que les insulteurs, les provocateurs et les semeurs de haine prospèrent, cesse d’être perçue comme juste.
Les grands magistrats nous ont pourtant avertis :
« Le juge doit être la bouche de la loi, jamais le bras d’un pouvoir. »
« L’indépendance de la justice ne se proclame pas, elle se pratique. »
N’oubliez pas ceci : les régimes passent, la République reste.
Les mandats sont temporaires, mais les atteintes à l’État de droit laissent des cicatrices durables.
Me taire serait une lâcheté.
Ce serait une complicité.
Je parle parce que je suis un républicain libre.
Thierno Lo

