DOSSIER PRODAC : Pape Malick Ndour joue sa survie judiciaire devant la Cour suprême

L’ancien coordonnateur national du PRODAC (Programme des Domaines Agricoles Communautaires) a évité de justesse le mandat de dépôt ce jeudi 29 janvier 2026. Grâce à un pourvoi en cassation déposé par ses avocats, l’exécution de son placement en détention est suspendue, laissant à la Cour suprême le soin de trancher définitivement.
1. Le revirement de la Chambre d’accusation
Le dossier a connu une accélération brutale cette semaine :
- Initialement : Pape Malick Ndour bénéficiait d’un placement sous bracelet électronique depuis le 7 novembre 2025, une mesure de clémence accordée par le juge d’instruction malgré les charges d’escroquerie sur les deniers publics et de blanchiment.
- Le revers : Saisie par le Parquet financier, la Chambre d’accusation a infirmé cette décision mercredi dernier, ordonnant la révocation du contrôle judiciaire et le placement sous mandat de dépôt.
2. Le pourvoi suspensif : Un sursis stratégique
Face à la menace d’une arrestation immédiate, Me Antoine Mbengue et le pool d’avocats de la défense ont déposé un pourvoi en cassation dès ce jeudi :
- Effet immédiat : En matière pénale, ce recours est suspensif. Cela signifie que l’ordonnance de la Chambre d’accusation ne peut pas être exécutée tant que la haute juridiction ne s’est pas prononcée.
- Délai : La défense dispose de 15 jours pour transmettre ses mémoires à la Chambre pénale de la Cour suprême.
3. Un climat politique électrique
Ce bras de fer judiciaire est suivi de près par la classe politique :
- Dénonciation de l’APR : La Convergence des cadres républicains (CCR), dont Pape Malick Ndour est le coordonnateur, dénonce une « justice sur commande » et une volonté d’acharnement suite aux récentes déclarations gouvernementales sur la reddition des comptes.
- Enjeux financiers : L’affaire porte sur des soupçons de détournements s’élevant à plus de 2,7 milliards de francs CFA au sein du PRODAC.
Ce pourvoi est la dernière digue protégeant Pape Malick Ndour de la prison de Rebeuss. Juridiquement, la Cour suprême ne jugera pas le fond de l’affaire (la culpabilité ou non), mais la régularité de la décision de la Chambre d’accusation. Si la haute juridiction rejette le pourvoi, l’ancien ministre sera immédiatement écroué. S’il est cassé, le dossier repartira vers une autre Chambre d’accusation, prolongeant ainsi ce feuilleton judiciaire déjà très long.

