CRISE INTERNE : Le « Fouta » se rebelle contre la nouvelle direction de l’APR

Le bastion historique de l’Alliance pour la République, le Fouta, gronde. La publication d’un arrêté daté du 20 janvier 2026 par Macky Sall, visant à « réarmer » le parti, a provoqué une vague d’amertume dans le nord du pays. Les responsables locaux dénoncent une mise à l’écart systématique de la région qui a pourtant été le socle électoral du parti pendant plus de douze ans.
Un déséquilibre géographique dénoncé
Le mécontentement cristallisé par les informations du journal Les Échos repose sur un constat de sous-représentation. Alors que l’arrêté de restructuration comporte une vingtaine de nominations stratégiques, les cadres du Nord estiment être les grands oubliés de cette nouvelle configuration.
- L’unique exception : Seul Me Moussa Bocar Thiam, ancien ministre et maire de Ourossogui, semble avoir tiré son épingle du jeu en prenant la tête du pôle porte-parole.
- Le sentiment d’exclusion : Pour les détracteurs de cette réforme, le Fouta, autrefois « titre foncier » de Macky Sall, se retrouve réduit à une portion congrue au profit d’autres régions ou de la diaspora.
Farba Ngom, l’arbitre attendu
Dans ce climat de défiance, tous les regards se tournent vers le député-maire d’Agnam, Farba Ngom. Malgré les turbulences judiciaires et politiques qu’il a pu traverser, il reste perçu comme le véritable « gardien du temple » au Fouta.
Le constat des cadres : « Plusieurs responsables disent attendre la position de Farba Ngom avant de décider de leur avenir au sein de l’APR. » Son silence ou son éventuelle désapprobation pourrait déclencher une vague de démissions en cascade dans les départements de Matam, Podor et Kanel.
Macky Sall semble avoir opté pour une stratégie de renouvellement des visages pour effacer l’image de la défaite de 2024. Cependant, en négligeant le Fouta, il prend un risque électoral majeur. Si le Fouta cesse d’être un bloc monolithique derrière l’APR, le parti perd sa profondeur stratégique. Cette réorganisation, qui se voulait un électrochoc pour remobiliser les troupes, pourrait paradoxalement accélérer l’effritement du parti si un équilibre régional n’est pas rapidement rétabli.

