ARACHIDE 2025 : Une production record de 969 000 tonnes face au défi de la collecte

Le Sénégal suspend l'exportation d'arachide pour encourager ...

Le Sénégal renoue avec les sommets de sa production agricole. Avec près d’un million de tonnes récoltées, la campagne 2025 s’impose comme la meilleure performance depuis sept ans. Pourtant, entre succès agronomique et lenteurs industrielles, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage appelle à une refonte du modèle de collecte et d’exportation.

Par Abdallah

1. Le succès d’une réforme : Les intrants à bon port

Le ministre a attribué cette récolte exceptionnelle à la nouvelle stratégie de distribution des intrants :

  • Transparence accrue : La numérisation et le contrôle des circuits ont permis d’éliminer les intermédiaires fictifs.
  • Efficacité : Aujourd’hui, 90 % des semences et engrais arrivent directement entre les mains des paysans, contre des taux bien plus bas par le passé.
  • Comparaison historique : Avec 969 000 tonnes, le pays atteint un niveau d’abondance non observé depuis 2017.

2. Le point noir : Une collecte commerciale au ralenti

Le contraste est frappant : si les champs débordent, les usines peinent à se remplir.

  • Chiffres alarmants : Après un mois et demi de campagne, seules 126 000 tonnes ont été collectées, soit à peine 28 % de l’objectif fixé (450 000 tonnes).
  • Le diagnostic : Ce retard s’explique par un déficit de capacités industrielles locales et une concurrence parfois déséquilibrée avec les circuits d’exportation brute.

3. Vers une régulation plus stricte de l’exportation

Pour protéger l’industrie locale et l’économie nationale, Mabouba Diagne a tracé de nouvelles perspectives :

  • Sécurisation des devises : Le ministre a pointé du doigt les failles du rapatriement des fonds issus de l’exportation, une manne financière qui doit désormais être mieux contrôlée par l’État.
  • Incentives fiscales : Il propose d’alléger les taxes pour les exportateurs les plus performants, à la condition sine qua non qu’ils privilégient d’abord l’approvisionnement du marché intérieur.
  • Souveraineté oléagineuse : L’objectif final reste de booster la consommation locale d’huile d’arachide pour réduire la dépendance aux huiles importées et stabiliser les prix pour le consommateur sénégalais.

Le défi de Mabouba Diagne est désormais de transformer l’essai agronomique en réussite industrielle. Si les producteurs ont fait leur part du travail, le système de collecte semble encore grippé par des enjeux financiers et un manque de synergie entre les exportateurs et les huiliers locaux (comme la SONACOS). La proposition d’allègement fiscal conditionné pourrait être le levier nécessaire pour débloquer les stocks dormants en zone rurale.

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