SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE : Le plan Marshall de Mabouba Diagne pour transformer l’agriculture sénégalaise

Invité de l’émission « Jury du Dimanche », le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage a exposé une stratégie de rupture. Pour Mabouba Diagne, l’autosuffisance du Sénégal ne se gagnera pas uniquement dans les champs, mais par une maîtrise industrielle, hydraulique et patriotique de toute la chaîne de valeur.
Par Abdallah
La santé des sols et l’eau : Le socle de la production
Le ministre a d’emblée rappelé qu’une agriculture forte commence sous la terre. Selon lui, la souveraineté alimentaire est indissociable de la régénération des sols. Pour contrer l’appauvrissement des terres, l’Institut National de Pédologie pilote actuellement des programmes massifs de fertilisation organique et de phosphatation.
Cependant, fertiliser ne suffit pas si le ciel reste capricieux. Mabouba Diagne a ainsi réaffirmé l’enjeu vital de la maîtrise de l’eau. L’objectif est clair : produire 12 mois sur 12. Pour briser la dépendance à la saison des pluies, l’État accélère la réalisation de milliers de forages agricoles, de canaux d’irrigation et de barrages structurants.
Le triptyque « 3F » : La colonne vertébrale du projet
Pour professionnaliser le secteur, le ministre a dévoilé sa formule magique, baptisée la politique des « 3F » :
- Former : Transmettre aux paysans les techniques modernes pour démultiplier la productivité.
- Formaliser : Regrouper les exploitations au sein de coopératives agricoles communautaires pour leur donner une voix et un poids juridique.
- Financer : Mettre en place des modèles économiques viables pour rassurer les banques et sécuriser les investissements.
Cette restructuration s’accompagne d’une accélération de la mécanisation. Dans un contexte de baisse de la main-d’œuvre rurale, le passage à la machine est présenté comme le seul levier capable de maintenir le Sénégal compétitif sur le marché mondial tout en s’adaptant au changement climatique.
Patriotisme économique et préférence nationale
Enfin, Mabouba Diagne a abordé le volet commercial avec une fermeté assumée. Pour protéger les producteurs locaux, le ministère compte instaurer une corrélation stricte entre les autorisations d’importation et le volume de production nationale racheté par les opérateurs.
En appelant à la préférence nationale, le ministre place le consommateur au cœur de la bataille : « Cette solidarité entre le marché et le producteur est la condition sine qua non pour renforcer nos marchés internes », a-t-il martelé. En clair, manger sénégalais n’est plus seulement un choix de goût, mais un acte de souveraineté.
Mabouba Diagne propose une approche holistique qui ne laisse aucun angle mort. En liant la science des sols (pédologie) au patriotisme du consommateur, il tente de créer un écosystème circulaire où l’agriculteur n’est plus le maillon faible, mais le pilier d’une économie nationale résiliente. Le défi reste maintenant de transformer ces orientations en réalités palpables dans les paniers des ménages.

