JUSTICE SPORTIVE : Le TAS, l’arbitre ultime pour « nettoyer » le football africain ?

Après les déclarations fracassantes d’Abdoulaye Fall (FSF) sur les « manœuvres » institutionnelles lors de la CAN 2025, le Sénégal se retrouve face à un choix historique : porter le litige devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Bien que victorieuse sur le terrain, la Fédération pourrait initier une procédure pour assainir les instances avant le Mondial 2026.
Par Abdallah
1. La procédure : Un parcours du combattant juridique
Saisir le TAS ne s’improvise pas. Pour que la plainte soit recevable, le Sénégal doit respecter un protocole strict :
- Épuisement des recours internes : La FSF doit obligatoirement obtenir une décision finale de la Commission de Discipline ou du Jury d’Appel de la CAF. Le TAS n’intervient qu’en dernier ressort.
- Le compte à rebours : À compter de la notification de la décision de la CAF, le Sénégal dispose de 21 jours pour déposer son mémoire d’appel en Suisse.
- Indépendance totale : L’affaire serait jugée par trois arbitres experts, totalement déconnectés des pressions politiques de la CAF ou de la FIFA.
2. Les armes juridiques : Sur quoi fonder la plainte ?
Le Sénégal ne peut pas se contenter de simples soupçons. Il doit s’appuyer sur des textes précis :
- Le Code d’Éthique de la FIFA : Utilisation des articles relatifs aux conflits d’intérêts et à l’influence indue.
- Le Règlement de la CAN : Qui oblige le pays organisateur et la CAF à garantir une équité totale.
- Le principe du « Fair-Play » : Une notion juridique puissante au TAS permettant de sanctionner toute action ayant « dénaturé l’esprit de la compétition ».
3. Quels sont les risques pour les instances ?
Si le Sénégal prouve des irrégularités (corruption, favoritisme ou pressions), le TAS dispose de pouvoirs étendus :
- Sanctions individuelles : Suspension de dirigeants, quels que soient leurs rangs (CAF ou FIFA), si leur implication est démontrée.
- Sanctions financières : Des amendes records pourraient être infligées aux fédérations concernées ou à l’instance faîtière (CAF).
- Jurisprudence : Une condamnation permettrait de sécuriser les futures compétitions, notamment la Coupe du Monde 2026, en créant un précédent historique.
L’enjeu pour le Sénégal ici est moral et institutionnel. En gagnant ses matchs malgré les obstacles, la FSF a prouvé sa valeur sportive. Une action au TAS permettrait désormais de prouver sa valeur éthique. C’est un combat pour la « gouvernance » du football africain : le Sénégal se positionne comme le leader d’une fronde pour la transparence, une posture courageuse à quelques mois des prochaines échéances mondiales.

