ÉCONOMIE : Le secteur du BTP au bord de l’effondrement, le syndicat SNTC/BTP alerte l’État

Le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) au Sénégal traverse une « crise d’une ampleur inédite ». Oumar Guèye, délégué syndical au SNTC/BTP, a lancé ce samedi 24 janvier 2026 un appel solennel aux autorités pour sauver un segment stratégique de l’économie nationale, menacé par le gel des chantiers et l’asphyxie financière des entreprises.
Par Abdallah
Un ralentissement brutal de la commande publique
Selon Oumar Guèye, le changement de cap budgétaire des nouvelles autorités, bien que dicté par des impératifs de rigueur macroéconomique, a provoqué un choc frontal pour le secteur.
- Le diagnostic : La suspension de nombreux projets d’infrastructures et les retards de paiement des dettes de l’État (décomptes) ont vidé les trésoreries des entreprises.
- Le contexte : Cette crise est accentuée par l’inflation mondiale qui fait flamber le prix des matériaux de construction et de l’énergie.
Une « crise sociale silencieuse »
L’impact ne se limite pas aux bilans comptables ; il frappe directement les travailleurs. Le syndicaliste révèle que les entreprises, étranglées financièrement, ne parviennent plus à honorer leurs obligations sociales :
- Protection sociale : Défaut de paiement des cotisations à l’IPRES (retraite) et à la Caisse de Sécurité Sociale (CSS).
- Santé : Rupture de la couverture maladie pour des milliers d’ouvriers et techniciens.
- Emploi : Risque de licenciements massifs au sein des PME sénégalaises qui composent le tissu local du BTP.
Le plan de sauvetage réclamé par le syndicat
Face au risque d’un « effondrement systémique », Oumar Guèye interpelle directement le Ministère des Infrastructures et formule quatre exigences majeures :
- Paiement de la dette : Apurer les dettes de l’État envers les entreprises pour restaurer leur liquidité.
- Fonds de relance : Créer un mécanisme financier dédié à la sauvegarde des emplois nationaux.
- Reprise des chantiers : Lever les suspensions sur les projets déjà engagés pour relancer l’activité.
- Dialogue social : Instituer un cadre permanent pour anticiper les tensions et préserver la paix sociale.
Le BTP est souvent considéré comme le thermomètre de l’économie sénégalaise : « quand le bâtiment va, tout va ». En alertant sur une « crise silencieuse », Oumar Guèye souligne que derrière les chiffres de la dette publique se cachent des réalités humaines précaires. La capacité de l’État à apurer sa dette intérieure sera le test décisif pour éviter que cette crise économique ne se transforme en une crise sociale majeure en 2026.

