SANTÉ : Le secteur privé revendique le pilotage de la souveraineté sanitaire du Sénégal

Le premier congrès du Syndicat des médecins privés du Sénégal (SMEPS), clôturé ce jeudi, a marqué la fin d’une ère. En affirmant peser plus de 1 000 milliards de FCFA, les médecins libéraux ne se voient plus comme de simples prestataires, mais comme les architectes de l’autonomie médicale du pays face aux défis de l’horizon 2050.
Par Abdallah
Un poids économique et technologique colossal
Le Dr Abdou Kane Diop a déconstruit l’image parfois négative de la médecine « lucrative ». Selon lui, la rentabilité est le moteur de l’innovation qui sauve des vies :
- Innovateur de premier rang : C’est le secteur privé qui a introduit les premiers scanners et les technologies chirurgicales de pointe au Sénégal.
- Moteur d’emploi : Avec 35 000 emplois, le secteur est un pourvoyeur majeur de stabilité sociale pour les professionnels de santé.
- Volume d’activité : Il gère 45 % de l’offre de soins, palliant les limites structurelles du secteur public.
Un secteur « asphyxié » par des blocages archaïques
Malgré ses performances, le SMEPS dénonce un cadre opérationnel qui n’a pas évolué depuis des décennies :
- Honoraires « fossilisés » : Les tarifs des consultations et des actes techniques n’ont pas suivi l’inflation, menaçant la survie de nombreux cabinets.
- Rapport de force défavorable : Les assureurs et mutuelles (tiers payants) imposent des délais de paiement et des tarifs qui étranglent la trésorerie des cliniques.
- Insécurité juridique : L’absence d’un statut spécifique expose l’acte médical à des interprétations purement commerciales.
Vers une « Fusion Fonctionnelle » avec l’État
Le ministre de la Santé, Ibrahima Sy, a reconnu que l’ambition de l’Agenda Sénégal 2050 serait irréalisable sans le privé. L’État s’engage désormais sur trois chantiers de réforme immédiats :
- Nomenclature : Révision urgente de la liste des actes professionnels.
- Honoraires : Mise à jour des tarifs médicaux (textes en cours de finalisation).
- Code de la Santé : Refonte législative pour encourager l’investissement privé dans les infrastructures lourdes.

