ÉCONOMIE : À Sédhiou, boutiquiers et Service du Commerce scellent un pacte de stabilité

Ce samedi 17 janvier 2026, la Chambre de commerce de Sédhiou a été le théâtre d’une rencontre stratégique entre l’Union Nationale des Boutiquiers du Sénégal (UNBS) et le Service régional du commerce. Objectif : apaiser les tensions, lutter contre la concurrence déloyale et garantir l’approvisionnement du marché local.
Par Abdallah
Sédhiou — Dans un contexte mondial de volatilité des prix, la stabilité du marché local est devenue une priorité absolue. C’est tout l’enjeu de la séance de travail qui a réuni cet après-midi les représentants des détaillants et les autorités de régulation. Un face-à-face jugé « décisif » pour l’équilibre économique de la région.
L’alerte sur le gel des importations
Le porte-parole des commerçants, Oumar Diallo, a ouvert les débats en pointant du doigt la gestion des flux de marchandises. L’UNBS s’inquiète d’un gel des importations qu’elle juge parfois prématuré. Selon l’organisation, stopper l’entrée de produits étrangers avant que la production nationale ne soit en mesure de prendre le relais crée une pénurie artificielle, pénalisant directement le consommateur final et les marges des petits commerçants.
Grossistes vs Détaillants : le cri du cœur
Le point le plus sensible de la rencontre a concerné la « concurrence déloyale » exercée par certains opérateurs de gros. L’UNBS dénonce des pratiques où des grossistes vendent directement au détail aux mêmes tarifs que ceux appliqués aux boutiquiers.
« Cette pratique étrangle le petit commerce de quartier, incapable de s’aligner sur les marges des géants du secteur », ont déploré les représentants de l’UNBS.
Vers une « pédagogie du contrôle »
Plutôt que la sanction immédiate, les boutiquiers plaident pour un changement de méthode lors des inspections économiques. L’idée soumise au chef du Service régional est de privilégier le contrôle pédagogique. Les commerçants souhaitent que les agents agissent d’abord comme des conseillers pour aider à la mise en conformité, réservant la répression aux cas de récidive ou de fraude manifeste.
Une vision partagée
Le Service régional du commerce a accueilli favorablement ces propositions, affirmant être « en phase » avec les préoccupations des acteurs du terrain. Cette rencontre a permis de lever de nombreuses équivoques et de transformer une relation parfois conflictuelle en un partenariat de « bon voisinage ».

