Secteur moderne sénégalais : Croissance de l’emploi et concentration des revenus au 3ème trimestre 2025

Le dernier rapport de l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) dresse le portrait d’un marché de l’emploi formel en pleine expansion. Avec une hausse de 1,9 % des effectifs et une masse salariale de 385,9 milliards de FCFA, le secteur moderne montre des signes de résilience, malgré des disparités sociales profondes.
1. Une dynamique de croissance confirmée
Le secteur moderne (hors administration) emploie désormais 337 415 salariés. Cette progression s’accompagne d’une augmentation de 2,1 % de la masse salariale, témoignant d’une injection de liquidités plus importante dans l’économie des ménages formels. Le contrat permanent reste la norme majoritaire (76,6 %), bien que la précarité saisonnière persiste dans le BTP et les mines.
2. Le fossé des revenus : Cadres vs Ouvriers
Le point le plus saillant du rapport concerne la répartition de la richesse salariale. On observe une pyramide inversée entre la force de travail et la rémunération :
- Les Ouvriers : Ils représentent 48 % de l’effectif mais ne perçoivent que 22,2 % de la masse salariale.
- Les Cadres et Techniciens Supérieurs : Ils ne constituent que 14,4 % du personnel mais captent 41,7 % des salaires globaux.
Cette concentration est poussée à son paroxysme dans le secteur des TIC (Information et Communication), où les hauts salaires sont les plus fréquents.
3. La disparité de genre et de temps de travail
Le marché de l’emploi permanent reste largement masculin. Les hommes détiennent 73,9 % des postes stables. Les femmes, bien que minoritaires, parviennent à percer dans les secteurs à forte valeur sociale comme la santé, l’enseignement et la finance. Enfin, la productivité semble s’intensifier avec une durée hebdomadaire moyenne de travail qui monte à 41,6 heures.

