Spoliation foncière présumée : La Sûreté Urbaine enquête sur le « Gotha » sénégalais

C’est une véritable déflagration judiciaire que révèle L’Observateur ce vendredi 16 janvier 2026. Le Parquet de Dakar a ordonné l’ouverture d’une enquête d’envergure pour « occupation illégale de terrains » et « faux en écriture publique ». Au cœur du dossier : des hectares de terres sur la route de Rufisque et à Grand-Dakar réclamés par les héritiers de feu Mamadou Diagne.
Une plainte explosive des héritiers
Les héritiers de Mamadou Diagne affirment avoir été victimes d’une spoliation massive. Selon leur plainte, des titres fonciers auraient été établis de manière frauduleuse pour permettre l’accaparement de leur patrimoine familial. Le préjudice, portant sur des zones à forte valeur marchande, se chiffrerait en milliards de FCFA.
Des personnalités de premier plan convoquées
La Sûreté Urbaine (SU), chargée des investigations, a dressé une liste de convocations qui ressemble à un annuaire des puissants du Sénégal :
- Cheikh Kanté : Ancien ministre et ex-DG du Port Autonome de Dakar.
- Abdoulaye Dia : PDG du géant de l’agroalimentaire Senico.
- Serigne Mboup : Maire de Kaolack et président du groupe CCBM.
- Jean-Baptiste Diouf : Maire de Grand-Dakar.
- Masse Sall : Entrepreneur.
La bataille des documents
La riposte judiciaire s’organise déjà. Masse Sall, lors de son audition, a présenté un titre foncier datant de 1950 et des actes notariés pour prouver la régularité de ses acquisitions.
De son côté, Cheikh Kanté, dont l’audition est prévue mercredi prochain, a vigoureusement démenti toute implication illégale. Il a annoncé une contre-attaque judiciaire en portant plainte pour diffamation contre le représentant des héritiers, dénonçant une volonté de nuire à sa réputation.
Une expertise documentaire décisive
Les enquêteurs de la SU font face à un défi technique : l’expertise des documents. Ils devront vérifier l’authenticité des écritures dans les registres domaniaux sur plusieurs décennies. Les auditions vont se poursuivre jusqu’à la fin du mois de janvier 2026 pour déterminer si les titres fonciers détenus par les personnalités visées ont été obtenus de manière régulière ou par le biais de manœuvres frauduleuses.

