Affaire Softcare : L’Assemblée nationale active sa Mission d’information pour faire la lumière sur le circuit de commercialisation

La polémique entourant les produits de la marque Softcare entre dans une phase judiciaire et parlementaire décisive. Ce mercredi 14 janvier 2026, la députée Khady Sarr, présidente de la Mission d’information, a ouvert les auditions pour comprendre comment ces produits ont pu être retirés, puis remis en vente sur le marché sénégalais.
Une enquête sur les « allers-retours » administratifs
Le cœur de l’investigation parlementaire repose sur une zone d’ombre : la chronologie des décisions. Les députés cherchent à comprendre pourquoi les autorités de contrôle ont d’abord ordonné le retrait des produits Softcare avant d’autoriser à nouveau leur commercialisation.
La mission va passer au crible les procédures d’inspection, les tests de qualité effectués en laboratoire et, surtout, la communication faite auprès du public. Il s’agit d’identifier s’il y a eu des failles, des négligences ou des responsabilités administratives à chaque étape de la validation.
Une approche de terrain et citoyenne
L’honorable Khady Sarr a insisté sur le caractère « contradictoire et documenté » de cette mission. Pour ce faire, deux leviers originaux seront activés :
- Visite in situ : Les députés se rendront directement dans les usines et entrepôts de l’opérateur pour vérifier les conditions de production et la traçabilité des ingrédients.
- Consultation populaire : Pour la première fois sur un dossier de ce type, une consultation citoyenne sera lancée. Les organisations de consommateurs et les usagers pourront soumettre leurs préoccupations et observations directement à la mission.
Protéger la santé publique sans freiner l’économie
L’enjeu est délicat pour l’État : il faut garantir la sécurité sanitaire des Sénégalais sans pour autant pénaliser arbitrairement un opérateur économique si les normes sont respectées. La Mission d’information entend ainsi évaluer si les mécanismes actuels de prévention des risques sanitaires sont suffisants ou s’il faut durcir la législation.
La présidente a conclu en appelant à une « coopération pleine et loyale » des ministères et de l’opérateur Softcare, tout en garantissant le respect du secret professionnel et la sérénité des débats parlementaires.

