Procès pour manifestation non autorisée : Abdou Karim Guéye alias « Karim Xurum Xax » relaxé par le tribunal

Arrêté le 12 janvier dernier à la Place de l’Indépendance alors qu’il apportait son soutien à des personnes à mobilité réduite, l’activiste Abdou Karim Guéye a comparu ce jeudi 15 janvier 2026 devant le Tribunal d’instance de Dakar. À l’issue d’une audience tendue, le juge a prononcé sa relaxe pure et simple.
Un soutien aux vulnérables qui vire à l’interpellation
L’affaire remonte à trois jours, lorsque Karim Xurum Xax se rend à la police centrale pour s’enquérir de la situation de 14 mendiants, dont des femmes handicapées avec des nourrissons. Après leur libération, l’activiste les accompagne vers la Place de l’Indépendance. Selon sa version, il souhaitait simplement leur apporter une « assistance morale » et de la nourriture tout en les conseillant sur l’organisation légale de leurs futures revendications.
C’est lors d’un échange impromptu avec un journaliste de passage que les forces de l’ordre sont intervenues pour l’interpeller, l’accusant d’être l’instigateur d’une manifestation non autorisée.
Une ligne de défense ferme
Fidèle à ses principes, Abdou Karim Guéye avait observé un mutisme complet durant sa garde à vue, refusant de signer son procès-verbal par crainte de voir ses propos déformés. À la barre, il a maintenu sa position :
« Je suis un activiste. Placer en garde à vue des femmes à mobilité réduite est inhumain. Je n’étais pas venu pour manifester, mais pour assister des personnes vulnérables. »
Le parquet sévère, la défense victorieuse
Le procureur de la République n’a pas partagé cette lecture des faits. S’appuyant sur l’article 87 du Code pénal et sur les témoignages de deux mendiants désignant l’activiste comme l’initiateur du mouvement, il a requis une peine de 2 ans de prison, dont 2 mois ferme, assortie d’une amende de 200 000 FCFA.
Face à lui, un pool d’avocats de renom (Mes El Hadji Diouf, Amadou Sall, Aboubacry Deh, Sayba Danfakha et Aboubacary Barro) a plaidé l’absence totale d’infraction. Ils ont dénoncé un réquisitoire excessif pour un dossier « vide ».
Le Tribunal a finalement suivi la défense en prononçant la relaxe d’Abdou Karim Guéye, lui permettant de ressortir libre du palais de justice sous les acclamations de ses partisans.

