Gamou de Keur Mame Al-Hadji : Le Khalife Serigne Mouhamad Ndiéguène fustige le mépris des autorités

La cérémonie officielle de la 69e édition du Gamou annuel de Serigne Mouhamadou Moustapha Ndiéguene « Boroom Dalling Koor » a été le théâtre d’une rare passe d’armes verbale. Le Khalife et le comité d’organisation ont publiquement dénoncé l’inertie et le manque de sérieux du Gouverneur et du Préfet de Thiès dans l’encadrement de ce grand événement religieux.

Un CDD jugé « pas sérieux »

C’est un réveil brutal pour l’administration territoriale. Alors que le protocole exige habituellement des remerciements aux autorités, Serigne Mouhamad Ndiéguène a choisi la voie de la franchise. Le point de rupture ? L’organisation tardive du Comité Départemental de Développement (CDD).

« Je n’ai aucun propos de gratitude envers le gouverneur et le préfet. Organiser un CDD à trois jours du Gamou, ce n’est pas sérieux », a martelé le Khalife devant une assistance médusée.

Pour le guide religieux, l’administration a failli à sa mission d’anticipation, rappelant que la communauté a souvent dû se substituer à l’État pour garantir le succès de l’événement par le passé.

Hygiène et sécurité : Les leviers de l’État pointés du doigt

Le Khalife a insisté sur le fait que certains domaines, comme l’hygiène et la sécurité publique, ne peuvent être gérés que par les autorités étatiques. En dénonçant une « implication insuffisante », il renvoie le Gouverneur et le Préfet à leurs responsabilités : « Ce sont elles qui détiennent ces leviers essentiels. Les manquements sont de leur responsabilité, elles doivent se réajuster ».

Le comité d’organisation enfonce le clou

Serigne Sidy Mouhamed Ndiéguène, président du comité d’organisation, a emboîté le pas au Khalife en exprimant sa profonde déception. Selon lui, si le Gamou a été une réussite, ce n’est certainement pas grâce à l’accompagnement de l’administration territoriale, mais grâce à la solidarité des talibés et des donateurs privés.

« Nous n’avons pas senti leur absence grâce à nos guides et à notre propre foyer spirituel », a-t-il lancé, marquant ainsi une rupture de confiance notable entre la famille religieuse de Keur Mame Al-Hadji et les représentants locaux du pouvoir central en cette année 2026.

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