Scandale en milieu carcéral : Farba Ngom gérait un empire financier depuis sa cellule

La révélation a fait l’effet d’une bombe ce mardi 13 janvier 2026 à Dakar. Lors d’un point de presse, la ministre de la Justice a exposé les preuves d’une « activité intense et structurée » menée par le détenu Farba Ngom depuis son lieu d’incarcération. Entre communications internationales et gestion de chantiers immobiliers, le Pavillon Spécial semble avoir été détourné de sa fonction première.
Deux téléphones pour un réseau mondial
Tout commence par une fouille de routine qui a viré à la perquisition majeure. Deux téléphones portables ont été saisis entre les mains de Farba Ngom, en violation flagrante de la loi n°87-15 et du règlement intérieur des prisons. Mais c’est l’exploitation de ces appareils qui a stupéfié les enquêteurs.
Loin d’être de simples outils pour rassurer ses proches, ces téléphones étaient le cœur d’un dispositif de gestion à distance. La ministre a précisé que les investigations ont tracé des échanges réguliers vers cinq pays stratégiques :
- Le Maroc (épicentre de ses projets immobiliers) ;
- Le Mali ;
- L’Autriche ;
- Le Bangladesh ;
- Les États-Unis.
Un « Chef de chantier » sous mandat de dépôt
Le Garde des Sceaux a été catégorique : Farba Ngom supervisait en temps réel le suivi de ses chantiers en construction et coordonnait des opérations financières nationales et internationales. Cette « activité soutenue » contredit frontalement la ligne de défense de ses avocats, qui plaidaient récemment pour une libération pour raisons de santé.
« Ces appareils ont servi à entretenir une activité intense et structurée, mêlant communications politiques et transactions financières », a martelé la ministre devant les journalistes.
Vers un durcissement des conditions de détention
Ces révélations posent la question de la complicité au sein de l’administration pénitentiaire. Comment de tels appareils ont-ils pu être introduits et utilisés durant des semaines sans éveiller les soupçons ? Le ministère de la Justice a annoncé l’ouverture d’enquêtes approfondies pour identifier les failles et les éventuels facilitateurs.
Pour Farba Ngom, déjà poursuivi pour des détournements de deniers publics se chiffrant à plus de 120 milliards de FCFA dans deux procédures distinctes, ce nouveau dossier pour violation des règles carcérales vient lourdement charger son casier judiciaire.

