Drame à Mbattal : Plus de 140 migrants portés disparus après l’échouement d’une pirogue gambienne

L’Atlantique vient de rappeler son titre de « cimetière à ciel ouvert ». Une pirogue transportant plus de 200 candidats à l’émigration irrégulière, partie des côtes gambiennes à destination de l’Espagne, s’est échouée ce week-end sur la plage de Mbattal. Le bilan est lourd : seuls 60 survivants ont été dénombrés, laissant craindre des dizaines de morts par noyade.

Un voyage sans retour

L’embarcation, une pirogue de fortune surchargée, avait quitté la Gambie il y a plusieurs jours avec l’espoir de rallier l’archipel des Canaries. Selon les témoignages des rescapés, la pirogue s’est perdue en haute mer après une panne de moteur et l’épuisement des vivres. Ballotée par des courants violents, elle a fini sa course tragique sur les côtes de Mbattal.

À leur arrivée, les secours et les riverains ont découvert une scène d’horreur : des corps sans vie rejetés par les vagues et des survivants dans un état de déshydratation et de fatigue extrême.

Les survivants racontent l’enfer

Sur les 200 passagers initiaux, seuls 60 survivants ont pu être pris en charge par les autorités locales et les services de santé.

« Nous avons passé des jours sans eau ni nourriture. La mer était trop forte, beaucoup sont tombés ou ont perdu la vie avant même que nous ne touchions terre », confie l’un des rescapés, encore sous le choc.

Les recherches se poursuivent le long du littoral pour tenter de retrouver d’autres corps, alors que les familles en Gambie et au Sénégal attendent dans l’angoisse des nouvelles de leurs proches.

Une route migratoire de plus en plus meurtrière

Ce nouveau naufrage survient dans un contexte de recrudescence des départs depuis la zone sud (Gambie, Casamance). Le renforcement des contrôles au nord pousse les passeurs à emprunter des routes plus longues et plus dangereuses, augmentant considérablement les risques de perte de repères en pleine mer.

Les autorités ont ouvert une enquête pour identifier les organisateurs de ce convoi clandestin. En attendant, Mbattal porte le deuil d’une jeunesse africaine partie chercher un avenir meilleur, mais dont le rêve s’est brisé contre les récifs de l’exil.

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